vendredi 13 janvier 2017

L'Alliance Ennemie.

La guerre est déclarée. Nous faisons face à une coalition qui s'étend de la Corée du Nord et de la Chine jusqu'à la Russie, l'Iran, la Syrie, Cuba, la Bolivie, le Vénézuela et le Nicaragua. Nous sommes attaqués non seulement par des états-nations directement, mais aussi par Al-Qaida, le Hezbollah, l'EI et d'innombrables autres groupes terroristes. [...]

Cette alliance peut surprendre beaucoup de monde. En surface elle semble incohérente. Comment un régime communiste comme la Corée du Nord peut s'accommoder avec un régime islamiste comme l'Iran. Et la Russie de Vladimir Poutine ? Elle n'est certainement pas djihadiste, en effet la Russie a beaucoup à craindre des groupes islamistes radicaux au Sud, et les Russes ont eu la main très lourde avec les Islamistes radicaux en Tchétchénie par exemple.

Mais l'armée de l'air russe et les fantassins iraniens se battent côte à côte en Syrie. L'antipathie du Kremlin envers l'Islam radical ne l'empêche pas de construire tous les réacteurs nucléaires iraniens, et le régime communiste de Pyongyang n'hésite pas à coopérer avec Téhéran dans le domaine des armes nucléaires, des missiles, du pétrole et des tunnels. [...]

[...] l'Iran a financé le terrorisme partout dans le monde et n'a jamais cessé d'attaquer les USA en paroles et en actes. Pendant des années, le Département d'Etat a déclaré que la République Islamique était le principal soutien du terrorisme international, et pour des bonnes raisons. Les Iraniens ont créé l'Organisation du Jihad Islamique, et le Hezbollah, cette grande armée terroriste basée au Liban et maintenant en Syrie.

De plus, l'Iran a aussi soutenu Al Qaida, ce qui surprend beaucoup de monde vu qu'il s'agit d'une organisation sunnite. [...] Les liens entre l'Iran et Al Qaida sont un fait bien établi depuis l'automne 1998, quand le gouvernement américain a inculpé l'organisation et son leader Osama Ben Laden : "Al Qaeda a forgé des alliances avec le Front Islamique National au Soudan et avec le gouvernement iranien et avec le groupe terroriste qui lui est associé : le Hezbollah, dans le but de travailler ensemble contre leurs ennemis communs en Occident, en particulier les USA". [...]

[Sur l'alliance Russie-Iran]

lundi 26 décembre 2016

Oleg Kalouguine doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence.

L'ancien général du KGB Oleg Kalouguine, qui à l'époque soviétique supervisait les agents du KGB aux USA, doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence, notamment parce qu'il aurait été très aléatoire de miser sur Donald Trump qui est quelqu'un d'imprévisible.

Trump est une victoire pour Poutine, mais c'est une victoire relative. Mais très relative, parce que Trump, à mon avis, est un homme imprévisible. Je ne ferai ici pas de pronostic sur la possibilité d'une amélioration des relations entre la Russie et les USA. D'autant plus qu'en Russie rien n'a changé et que Trump pouvait dire n'importe quoi dans ses déclarations de campagne. Lorsqu'il arrivera au pouvoir, qu'il l'aura pris en main à la Maison Blanche, je pense qu'il ménera sa propre politique, fondée sur ses propres intérêts. 

Du point de vue du professionnel, est-ce que la version d'une opération du Kremlin visant à soutenir la candidature de Donald Trump est plausable?

Jusqu'à présent je ne considère pas comme un fait la participation délibérée du gouvernement de Poutine à l'organisation de toutes ces actions avec l'utilisation de hackers sur le territoire des USA pendant la campagne électorale. Je pense qu'il faut encore attendre que des éléments apparaissent qui viennent confirmer cette version.

A l'époque soviétique, le gouvernement essayait-il dans une certaine mesure d'influencer le processus électoral aux USA, d'influencer l'issue des élections ou bien considérait-il cela comme une action trop risquée ?

Conférence du Général James Mattis.

Le Secrétaire d'Etat à la Défense du Président Trump expose la situation géopolitique mondiale et les défis que les USA auront à relever. Les solutions qu'il propose pour y faire face, donne une idée de ce que pourrait être la politique internationale de D Trump. Il y désigne l'Iran comme la source principale du terrorisme islamique et met en avant la nécessité d'apporter un soutien indéfectible à Israel et aux pays arabes du golfe (cf la proposition dans le programme de Trump de créer une sorte d'OTAN arabe)

(Notons tout de même une certaine naïveté en ce qui concerne la Russie (à 27'))


vendredi 16 décembre 2016

"Hillary will start World War III !!!"

Le Centre était moins impliqué dans la déstabilisation de l'élection présidentielle de 1980 qu'il ne l'avait été quatre ans plus tôt. Moscou n'avait le choix qu'entre l'administration Carter qui était influencée par la politique intransigeante de Brzezinski, et l'anti-soviétisme de Reagan. "Lassé de Carter et mal à l'aise vis-à-vis de Reagan" écrit Dobrynine, "je décidai de ne pas m'impliquer". Après l'élection de Reagan, Moscou regretta de ne pas s'être impliquée, convaincue que la nouvelle administration représentait "l'aile la plus conservatrice, nationaliste et belliqueuse du paysage politique américain ... soucieuse de retaurer le leadership mondial des USA après la défaite du Vietnam". Au grand désarroi de Dobrynine, le Kremlin succomba à une "interprétation paranoïaque" de la politique de Reagan, craignant -particulièrement en 1983- qu'il n'ait l'intention de lancer des frappes nucléaires surprises. C'est le résident du KGB à Washington, Stanislav A Androsov, qui révéla à Dobrynine l'existence dе l'opération RYAN. Menée conjoitement par le GRU et le KGB, elle avait pour but de détecter les préparatifs inexistants d'une attaque surprise. Mais RYAN demeura tellement secrète que la plupart des ambassadeurs soviétiques n'en apprirent jamais l'existence.

C'est probablement à cause de la priorité extrême que donnait le Centre à la nécessité de discréditer la politique de l'administration Reagan, qu'Andropov décida par le décret du 12 avril 1982 - qui fut l'une des dernières décisions de ses 15 ans passés à la tête du KGB - qu'il était du devoir de tous les agents de renseignements, quelles que soient leurs attributions, de participer aux mesures actives. Pour le Service A [service de désinformation du KGB ndt] il s'agissait désormais de faire en sorte que Reagan ne puisse pas faire un second mandat. Le 25 février 1983 le Centre donna des instructions à ses trois résidences américaines pour qu'elles commencent à planifier un ensemble de mesures actives visant à obtenir une défaite de Reagan lors des élections présidentielles de novembre 1984. Elles reçurent l'ordre d'établir des contacts avec des membres des équipes de campagne de chacun des candidats et dans les QG des deux grands partis. On demanda aux résidences d'autres pays si elles avaient des agents disponibles afin qu'ils fussent envoyés aux USA pour participer à l'opération.