mercredi 10 décembre 2014

111 milliardaires Russes possèdent 19% des richesses du pays.



Nous avons eu beau tourner le dernier rapport de répartition globale des richesses, édité par le groupe bancaire Crédit Suisse, dans tous les sens, la principale information qui ressort du document est accablante pour la Russie. Selon la banque helvétique, les 10% de la population russe les plus riches détiennent près de 85% des richesses du pays. Plus affligeant encore : 0,00008% de la population, soit 111 milliardaires, possèdent 19% des ressources du pays des tsars
 
Selon le Crédit Suisse, l’inégalité des richesses en Russie est « significativement plus forte que dans n’importe quel autre pays acteur majeur de l’économie ». En 2013, le groupe bancaire avait d’ailleurs qualifié la nation de Vladimir Poutine comme ayant « le plus haut niveau d’inégalité en terme de répartition des richesses au monde, les paradis fiscaux des caraïbes mis de côté ». En comparaison, en France, les 10% les plus riches détiennent 53,1% des richesses du pays. Si, dans l’absolu, ce chiffre peut malgré tout paraître important, il est parmi les plus faibles des 46 pays étudiés par la compagnie bancaire. Seuls la Belgique, l’Italie, l’Australie et le Japon peuvent se vanter d’une meilleure répartition des revenus. 

dimanche 7 décembre 2014

Pourquoi la Russie qualifie-t-elle de "désescalade" l'emploi de frappes nucléaires limitées ?

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie a multiplié les incursions dans les espaces aériens des pays baltes et scandinaves, ainsi qu'au Japon et aux USA. Ces démonstrations de force impliquaient des chasseurs mais aussi des bombardiers stratégiques Tu-95 et Tu-22. Le 7 décembre (date de publication de cet article) l'Armée de l'air lituanienne annonçait que 4 Tu-95 et 2 Tu-22 avaient été interceptés au-dessus de la mer baltique. Les services secrets danois ont même révélé que la Russie a simulé des bombardements sur l'île de Bornholm l'été dernier. Il s'agissait du plus important exercice militaire russe visant la région baltique depuis la fin de la Guerre Froide.

En octobre dernier, des analystes russes et polonais s'inquiétaient de la possibilité que la guerre en Ukraine dégénère et nous entraîne au bord d'un conflit nucléaire. La Russie pourrait en effet décider d'utiliser l'arme atomique en cas d'implication directe des Occidentaux dans la guerre qu'elle mène en Ukraine. Cette crainte vient de la doctrine dite de "désescalade" mise en place par la Russie au début des années 2000 et qui consiste à faire planer la menace de frappes nucléaires limitées, dans le but de dissuader les Occidentaux d'intervenir dans des zones que la Russie considère comme sa chasse gardée. Depuis une dizaine d'année la Russie procède donc à des simulations de frappes nucléaires sur les pays occidentaux, sur la Pologne par exemple lors des exercices Zapad, ou encore sur la Suède chaque fois que celle-ci participe à des exercices conjoints avec l'OTAN.

L'article qui suit nous éclaire sur la genèse de cette doctrine, sa mise en œuvre et ses conséquences sur la course aux armements. (article paru en mars 2014) 


En 1999, à une époque où la guerre semblait vouloir reprendre en Tchétchénie, Moscou regardait avec inquiétude l'OTAN mener une campagne de frappes de haute-précision en Yougoslavie. Les capacités conventionnelles des USA et de ses alliés semblaient bien supérieures aux capacités des Russes. Et parce que les problèmes sous-jacents à la guerre du Kosovo semblaient presque identiques à ceux de la guerre de Tchétchénie, Moscou se mit à s'inquiéter vivement au sujet d'un possible ingérence américaine dans ses frontières.

Dès l'année suivante, la Russie avait mis au point une nouvelle doctrine militaire dont la principale innovation était le concept de "désescalade". L'idée était que, si la Russie était confrontée à une attaque conventionnelle à grande échelle qui excédait ses capacités défensives, elle pouvait répondre par des frappes nucléaires limitées. Jusqu'à maintenant la Russie n'a jamais évoqué publiquement la possibilité d'utiliser la désescalade en réponse à un conflit particulier. Mais la doctrine russe a probablement limité les choix de l'Occident pour répondre à la guerre de Géorgie en 2008. Et elle est certainement toujours dans l'esprit des dirigeants occidentaux aujourd'hui, les incitant à la retenue alors qu'ils préparent leur réponse aux événements d'Ukraine (l'article fut publié en mars 2014).

jeudi 27 novembre 2014

Impact de la suspension de la livraison du Mistral sur le contrat Rafale avec l'Inde.

On a dit beaucoup de choses sur les conséquences qu'aurait un refus de la France d'honorer son contrat auprès de la Russie. On a en particulier évoqué le risque que les Indiens coupent cours aux négociations dans le cadre du contrat portant sur la vente de 126 avions Rafale à l'Inde pour le montant colossal de 20 milliards de dollars. Trouvant cette affirmation quelque peu péremptoire, et surtout voyant mal les Indiens annuler brusquement ce contrat après 3 ans d'âpres négociations alors qu'une bonne partie de leur flotte aérienne est clouée au sol et que les tensions se font plus vives avec les Chinois, je me suis mis en quête de déclarations ou même d'allusions d'officiels indiens qui pourraient corroborer ces craintes.

Les sources.

En recherchant avec Google les mots clef Mistral Russia France Rafale contract India on obtient comme premier résultat un article du site "Russia & India Report" paru le 05/09/14, où l'on nous dit en effet que la France risque de perdre son contrat avec l'Inde au cas où elle refuserait de livrer les navires à la Russie.

En passant en revue les autres résultats, on tombe sur un article de JP Basquiast du 23/08/14 sur le site Médiapart, (article repris sur le site prorusse saker) qui parle aussi du risque que cela ferait courir pour "l'avenir concret des futurs rapprochement euroBRICS que nous recommandons ici qui serait compromis. Comment dans de telles perspectives les pays du BRICS pourraient-ils faire à l'avenir confiance tant à la France qu'à l'Allemagne et autres Etats européens, si ceux-ci sont de simples pions manipulés par les Etats-Unis pour faire échouer de tels rapprochements". D'après des "sources non officielles", qu'il omet de nommer, "les Indiens repousseraient la signature MMRCA jusqu'à la livraison des Mistral pour juger du degré d'autonomie de la France vis-à-vis de l'Amérique". Soit. Mais toujours pas de source officielle pour corroborer tout cela.

On remarquera au passage que la seule source officielle, et qui n'est pas mentionnée dans l'article, se trouve dans l'article du Times of India auquel il est fait référence. On y apprend que d'après des "sources du Ministère de l'Intérieur", les "négociations commerciales pourraient se conclure dans les 3 mois". On remarque aussi que l'article en question ne fait aucune mention du Mistral, ni d'un quelconque délai posé à la signature du contrat, mais insiste au contraire sur la nécessité pour l'Inde qu'il soit conclu au plus vite.

L'agence de presse gouvernementale russe ITAR-TASS, diagnostique l'impact négatif d'un refus sur les relations avec l'Inde sur la foi de l'expert Joseph Henrotin qui nous explique que l'Inde prendrait très mal qu'un pareil affront fût fait à son indéfectible allié : la Russie.

On trouve ensuite divers blogs indiens et pakistanais, qui reprennent d'ailleurs l'article de Russia & India Report, mais aussi le site dedefensa.org du très verbeux Philippe Grasset (article repris par le site europesolidaire site où intervient aussi Basquiast et qui renvoye vers le site du saker), site dedefensa qui reprend aussi l'article de Basquiat, le monde est petit... (pour l'anecdote son article est repris sur le site de la section Bassin d'Arcachon et Val de l'Eyre du Parti Communiste ...)

Le lien entre la livraison des Mistral et le contrat du Rafale est aussi évoquée par P de Villiers dans cette interview.

Le site américain defensenews.com évoque aussi cette affaire dans cet article. L'article cite Philippe Folliot, député centriste du Tarn et Secrétaire de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Il déplore la perte de crédibilité diplomatique de la France (voir sur son blog), et le risque de perdre les contrats en cours de négociation avec l'Inde et l'Arabie Saoudite sans se justifier davantage. Remarquons au passage qu'il serait curieux que l'AS prenne le risque de s'aliéner la France, alors que celle-ci est un des principaux opposants au régime d'Al Assad dont le principal soutien est la Russie. L'article cite aussi des "sources" du Ministère de la Défense indien qui, elles, affirment qu'il n'y a aucun lien entre les deux affaires.

mercredi 26 novembre 2014

Le Kremlin interdit aux partis politiques russes de se financer depuis l'étranger.

Quelques jours après que le FN a révélé qu'il avait reçu un prêt d'une banque russe pour assurer son financement, VVP votait une loi interdisant aux partis politiques russes de faire de même...

La Russie interdit de financer ses partis politiques depuis l'étranger.

"Le président russe Vladimir Poutine a promulgué lundi une loi interdisant de financer les partis politiques russes de l'étranger, rapporte mardi le site des informations juridiques officielles russes.

Adoptée par le parlement russe le 19 novembre dernier, la loi interdit aux partis politiques d'effectuer des transactions financières avec les États, entités et individus étrangers, les apatrides, les organisations et mouvements internationaux, les ONG ayant le statut d'agent étranger, ainsi qu'avec les entités russes dont le capital est détenu à plus de 30% par des étrangers."



Marine Le Pen justifie le prêt russe du FN.


"Le Front national a bien contracté un prêt de 9 millions d’euros auprès d’une banque russe. Marine Le Pen a confirmé au Monde l’information révélée par Médiapart, samedi 22 novembre. Ce contrat a été souscrit en septembre auprès de la First Czech Russian Bank (FCRB), un établissement créé en République Tchèque en 1996, à l’initiative du gouvernement de l’époque. Elle a désormais son siège à Moscou."

Source.

Article de 2009 sur les liens entre la FCRB et les services secrets russes.

dimanche 23 novembre 2014

Henry Purcell - O dive custos


L´Affaire des missiles Exocet.


L'Holodomor Kazakh.

Au moment où les Ukrainiens se recueillent en la mémoire des millions de victimes des grandes famines organisées par les Soviétiques entre 1932 et 1933, je tenais à rappeler que le peuple kazakh subit un sort semblable quelques années auparavant. Entre 1929 et 1932, 40% de la population kazakhe mourut de faim à la suite de la collectivisation et de la sédentarisation forcées. Lors des cérémonies de commémoration des  80 ans de ce drame, le président Nazarbayev rappelait que "sans cette famine la population kazakh compterait aujourd'hui 40 à 50 millions d'individus".

Monument à la mémoires des victimes de l'Holodomor à Astana.
Je reproduis ici une étude d'Isabelle Ohayon Chargée de recherches CNRS et au Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC/EHESS).


Le contexte

La famine qui frappe la république socialiste soviétique autonome (RSSA) du Kazakhstan entre 1930 et 1932 prend place dans l’histoire de la collectivisation en URSS, et plus spécifiquement dans celle de la sédentarisation des Kazakhs engagée localement à la même période. Cette famine compte parmi les plus meurtrières d’URSS. Elle entraîne la disparition d’environ un tiers de la population kazakhe, provoque l’émigration de plusieurs centaines de milliers d’entre eux et affecte irrémédiablement le mode de vie nomade qui caractérisait les habitants des steppes. Au recensement soviétique de 1926, la population de la RSSA du Kazakhstan était de 6,2 millions d’habitants dont environ quatre millions de Kazakhs, le reste étant composé de populations européennes d’implantation coloniale et de minorités autochtones (russe, ukrainienne, polonaise, etc.). Soixante-dix pourcent de la population kazakhe pratiquait l’élevage pastoral nomade et exploitait ainsi de manière extensive les milieux arides, semi-arides et steppiques de cet immense territoire, tandis que l’activité paysanne des autres nationalités était localisée sur les terres arables les plus riches, au nord et au sud-est (région d’Alma-Ata) de la république. L’accélération de l’effort d’industrialisation, que signe le lancement du premier plan quinquennal en avril 1929 lors de la 15e conférence du parti communiste (PC) d’URSS est suivi quelques mois plus tard de la collectivisation des campagnes et de son corollaire répressif, la dékoulakisation. Dans ce dispositif, la RSSA du Kazakhstan occupe une place spécifique pour deux raisons : 1) ses terres céréalières situées dans les régions septentrionales frontalières de la Russie doivent être prioritairement collectivisées ; 2) région « inhospitalière » et très peu densément peuplée, elle constitue une « zone de déplacement spécial », pour les « dékoulakisés », au même titre que l’Oural et la Sibérie. Au plan local, la fin des années 1920 et le lancement de la collectivisation correspondent à la mise en œuvre d’une politique de sédentarisation volontariste qui consiste à inciter les populations nomades les plus fragilisées à s’installer dans des kolkhozes situés sur le pourtour de la zone steppique considérée comme impropre à toute production. Ces nouvelles fermes collectives devaient théoriquement mettre en œuvre une économie agropastorale combinant élevage et cultures. Ce projet, très partiellement mené à bien, constitue le volet central d’un ensemble de mesures de contrôle et de répression de la société nomade kazakhe, telle que la campagne d’élimination des élites nationales dans les appareils politiques ou celle de confiscation des biens des bay (propriétaires de bétail) et de leur déportation qui vise les figures charismatiques de la société rurale. Cette politique devait permettre au pouvoir central de reprendre en main de la RSSA du Kazakhstan qui n’était pas, selon lui, suffisamment soviétisée en 1925 et demeurait sous l’influence de logiques clientélistes et claniques. C’est donc dans un climat politique très tendu que s’organisent les collectes obligatoires de denrées agricoles (céréales et bétail) qui caractérisent la collectivisation des campagnes soviétiques. En 1929, ces mesures prennent le pas sur les mesures de sédentarisation initiées en 1927-1928 qui passent alors au second plan. Les éleveurs nomades kazakhs qui possèdent un cheptel total d’environ 40,5 millions de têtes de bétail sont massivement ponctionnés entre 1929 et 1932 (voir le graphique en annexe) à des fins d’approvisionnement des villes. Parallèlement, les collectes de blé représentent, pour la même période, environ un tiers de la production céréalière de la république, avec un pic en 1930 (un million de tonnes réquisitionné). La combinaison des collectes obligatoires de bétail et de blé constitue ainsi le facteur majeur d’apparition de la famine.

mercredi 19 novembre 2014

Où l'on reparle du vol MH17.

Je suis tombé sur une interview d'un revenant: l'insupportable Philippe de Villiers. Passons vite sur le fait qu'il nous serve les sempiternelles fadaises mongaullo-souverainistes. Il y tient en revanche parfaitement le rôle de petit télégraphiste du Kremlin, en nous ressortant sans vergogne toute la narrative qu'on nous serine depuis des mois : qu'une junte fasciste a pris le pouvoir à Kiev lors d'un coup d'état financé par la CIA, que la Crimée est russe depuis 100 millions d'années, ... etc. Jusqu'au moment où, (vers 12 min dans la vidéo) il évoque le drame du vol MH17 d'une manière des plus cavalières parlant "d'avion qui explose dans le ciel" et qualifiant "de théorie absurde" le fait que des "rebelles pro-russes" aient pu l'abattre. Pour étayer son affirmation, il affirme que le Premier Ministre australien Tony Abbott et Poutine seraient tombés d'accord pour qu'il y ait "enfin" une enquête, sous entendant que le doute existerait encore chez les Australiens sur les auteurs de ce crime et sur leurs commanditaires.

Or une rapide recherche des déclarations des officiels australiens, montre qu'il n'en est rien, bien au contraire. Si Tony Abbott doutait encore de la culpabilité du Kremlin il ne demanderait pas à Vladimir Poutine de présenter des excuses et de suivre le précédent établit par les Américains qui avaient payé des compensations après avoir abattu un avion iranien en 1988. Pendant leur entretien, Abbott affirma que les services secrets australiens détenaient des preuves que "le MH17 avait été détruit par un missile tiré dans l'Est de l'Ukraine grâce à un lanceur venant de Russie, qui y avait été ensuite ramené". Oui, Abbott et Poutine ont bien évoqué la nécessité de mener une "enquête indépendante", mais ce qu'Abbott demandait, était la possibilité pour les enquêteurs d'accéder enfin en toute sécurité au lieu du crash : "je demande que la Russie coopère pleinement à l'enquête internationale en cours". Et ce n'est certainement pas, comme le laisse sous-entendre Villiers, la preuve que non seulement Abbott ne doute pas de la responsabilité du Kremlin, mais qu'il l'accuse d'entraver l'enquête. 


A la veille du G20, Malcolm Turnbull, le Ministre des Communications australien, renouvelait la demande d'excuses à V Poutine : "Il devrait exposer les faits, prendre ses responsabilités, exprimer ses condoléances et présenter ses excuses pour ce drame terrible. [...] Une seule personne sait exactement ce qui s'est passé : c'est Vladimir Poutine".

J'enrage que cet agent d'influence du Kremlin, qui monnaye sa prestation contre l'assurance de faire de bonnes affaires en Russie avec un des oligarques les plus proches de Poutine, ait accès aux médias sans qu'il en soit fait mention. Et ce type se prétend catholique ! Même le site Fdesouche le met à l'honneur en faisant de la pub pour son dernier bouquin. A l'époque des Duclos, Thorez et autres Marchais on savait au moins à quoi s'en tenir.

Apparemment la thèse d'une erreur des "séparatistes" ne semble pas convaincre les Malaisiens qui détiendraient des preuves de l'implication du haut-commandement russe et auraient décidé de porter plainte. Affaire à suivre :

(Voici une enquête apportant des justifications très convaincantes de cette thèse : Why RUSSIA shot down MH17 and not 'local separatists')

mardi 18 novembre 2014

La Chine à la rescousse ?

La Russie, en conséquence des sanctions qui la frappent, ne peut plus emprunter auprès des banques européennes, américaines ou japonaises, elle s'est donc tournée vers la Chine qui est devenue son premier bailleur de fonds. Le 13 octobre dernier la Chine et la Russie signaient 38 accords de coopération économique dans divers domaines allant de la téléphonie à la vente d'armes et en particulier un swap de devises entre le rouble et le yuan d'un montant de 25 milliards de dollars afin de promouvoir le commerce et l'investissement.

Il est bon de rappeler que la PBOC a signé en juin 2014 un accord du même type avec la Swiss National Bank pour un montant identique, en octobre 2013 la PBOC signait avec la BCE un swap de devises pour un montant équivalent à 57 milliards de dollars, en mars dernier la Chine signait le même type d'accord avec la Bundesbank et avec la Bank of England. Le 4 novembre, la Banque du Canada signait aussi une swap line d'un montant de 33 milliards de dollars, quelque jours après que les banques centrales de Chine et du Qatar signaient un protocole d'accord sur la compensation en renminbi à Doha, et s'entendaient pour établir un swap de devise de 5.7 milliards de dollars et d'une autorisation d'achat de 30 milliards de yuan en titres chinois pour les  investisseurs qataris. Ces chiffres permettent de mettre en perspective le niveau de l'implication chinoise en Russie. On se rend bien compte qu'elle ne bénéficie pas d'un traitement de faveur.

Les Chinois se montrent dans l'ensemble très réticents à investir en Russie. Il est certain que les relations passées des deux pays dans le domaine de l'énergie ne les incitent pas à la confiance. Pas plus que la récente confiscation des parts de la compagnie pétrolière Bashneft appartenant à l'oligarche Vladimir Yevtushenkov, au sujet de laquelle le Ministre du Développement Economique russe, Alexei Ulyukayev, reconnaissait lui-même que "cette histoire n'est pas normale. Cette histoire, qui a un impact très négatif sur le climat d'investissement, qui est très mauvais tel qu'il est, n'est bien sûr pas normale". Ajoutées à cela les perspectives de croissance revues à la baisse, le FMI prévoit 0,5% pour 2015 au lieu de 1%, et une fuite des capitaux de 100 milliards de dollars, il n'y a là rien d'engageant pour des investisseurs.

mercredi 12 novembre 2014

Hypocrisie de la Russie quant à la "culture de mort".

Le 7 novembre convolaient en justes noces à la mairie de Saint Pétersbourg deux ravissantes demoiselles :

Irina à gauche et Aliona à droite, ou l'inverse, se disent oui.

Vous me direz que le mariage gay est formellement interdit dans la Très Sainte Russie, que Poutine a fait son cheval de bataille la défense des valeurs chrétiennes et familiales, dont la lutte contre l'homosexualité et contre la "culture de mort" sont les fronts principaux . Le Maître du Kremlin sait très bien la menace mortelle que ces créatures représentent pour la Russie. Il a d'ailleurs tout de suite identifié les "nazis gays" comme étant les initiateurs de la révolte de Maidan, afin de mettre au pouvoir une junte judéo néo nazie soutenue par l’UE/US/OTAN et inféodée au FMI (si si je vous assure ...).

Comment donc est-il possible qu'une telle ignominie se soit produite ?

Vous pouvez embrasser la, euh... le marié.

samedi 8 novembre 2014

Le clan des Tchékistes : un état dans l'état.

L'élite politique à la tête de laquelle se trouve V Poutine, est de plus en plus composée de vétérans du KGB / FSB. Personne ne sait combien de personnes travaillaient pour ou avec le KGB lors de l'effondrement de l'URSS en 1991. Cette information n'a jamais été révélée dans un pays où aucune lustration, même rudimentaire, n'a été entreprise.

La journaliste Yevgenie Albats dans son livre de 1992 "Un état dans l'état", estimait à 720.000 le nombre de personnes travaillant pour l'agence dans tout l'URSS, et à quelque 2,9 millions le nombre de ceux qui "coopéraient" avec elle. Dans une large mesure, et peut-être à un point qu'il est difficile de concevoir, ces gens dirigent aujourd'hui la Russie et semblent déterminés à bâtir un système non-démocratique de contrôle de la politique et de l'économie, qui pourrait s'installer de manière durable.

La sociologue Olga Kryshtanovskaya estime que 26% des principaux acteurs du monde économico-politique sont des siloviki, le terme qui désigne les individus issus des services de sécurités gouvernementaux ou de l'armée. Si l'on compte tous ceux qui ont des liens avec les services de sécurité, selon Kryshtanovskaya la proportion monte alors à 78% des élites.

L'avènement des Tchékistes.

Au sommet de cette grande pyramide du pouvoir se tiennent ceux qui, comme le Président Poutine, ont été formés et socialisés par le KGB dans les années 70. C'est à cette époque que Youri Andropov donnait un souffle nouveau à l'agence en  remettant à l'honneur le sens du devoir et en lui rendant sa fierté, après la révélation partielle, dans les années 50 et 60, des crimes commis par la police secrète sous Lénine et Staline.

Bien qu'il soit exagéré de qualifier cette organisation de conspiration, elle constitue un réseau ou plutôt une communauté de professionnels qui partagent un état d'esprit commun. C'est une communauté d'entre-aide qui partage des valeurs communes, une vision du monde commune et une approche commune de la manière de résoudre les problèmes. Albats, dans le numéro de ce mois-ci de Новое Время, décrit ce groupe comme "une union d'individus liés par un passé commun, une éducation commune et même un langage et une gestuelle communs...".

Il est important de distinguer le siloviki ordinaire, un terme vague qui englobe un large spectre d'opinions dans le milieu nationalisto-patriotico-militaire, du tchékiste, produit du KGB, qui dirige le développement économique et politique de la Russie et qui se considère comme le sauveur messianique de la Russie et [son protecteur] contre toutes sortes d'ennemis extérieurs.

jeudi 6 novembre 2014

A la schlague ! (MàJ)

(Le Premier ministre serbe a fini par céder : source)

Il y a quinze jours VVP se rendait en visite officielle en Serbie, il y était accueilli comme le Messie :


 Il proclamait que la Russie était le meilleur allié de la Serbie, promettait une amitié éternelle entre les deux nations, qu'elle lui garantissait un soutien indéfectible


 Mais voilà,

mardi 4 novembre 2014

The Menace of Unreality: Combatting Russian Disinformation in the 21st Century.


Très intéressant, la conférence commence vers 25 min. (en anglais)

Podcast très intéressant lui-aussi sur les modifications de la structure du pouvoir en Russie l'occasion de la guerre en Ukraine :

mardi 21 octobre 2014

Le Ministre des Affaires Etrangères de l'UE et le patron de l'OTAN ont aussi travaillé pour le KGB.

Le journal polonais Polinia Christiana revient sur le passé du nouveau secrétaire général de l'OTAN Stoltenberg et du nouveau ministre des affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini, dans un article intitulé "un couple tient la barre" :

"Qu'ont en commun le nouveau secrétaire général de l'OTAN et le nouveau chef de la diplomatie de l'UE avec Vladimir Poutine ? Un enthousiasme juvénile pour les régimes les plus progressistes, l'amour de la patrie et le prolétariat mondial.

L'élite mondiale n'aime pas les CV. Nombreux sont ses membres qui n'ont pas de CV. Cela vaut aussi pour les politiciens qui occupent les postes les plus élevés. Des exemples ?

D'abord jetons un œil sur le nouveau secrétaire d'état de l'OTAN Jens Stoltenberg. Ses idées de jeunesse ont été imprégnées de pacifisme, de marxisme et d'un anti-américanisme fervent. Stoltenberg les exprimait en 1970 lorsqu'il prenait part à des manifestations pacifiques où il était impératif de ... briser les fenêtres de l'Ambassade des USA à Oslo.

L'adhésion de la Norvège à l'OTAN a toujours contrarié le chef de l'OTAN. Au moins était-il sceptique sur la pertinence de la dissuasion nucléaire et sur la nécessité de se défendre des menaces extérieures, il soutenait donc le désarmement et toutes les activités pacifistes.

En 1995, alors qu'il était Ministre de l'Industrie de la Norvège, Stoltenberg pris part à une course de vélo pacifiste en protestation aux essais nucléaires français. Peut-être rêvait-il d'un désarmement bilatéral de l'OTAN ? A qui cela bénéficierait-il le plus - c'est facile à deviner.

Toutefois Stoltenberg fut pris dans un quelque chose qui dépassait ses croyances de jeunesse dans le Marxisme. Selon le Norway Post, Stoltenberg est un marxiste, un communiste et un russophile, qui dans le passé a été en contact avec le KGB.

"Vers la fin des années 80 et le début des années 90, alors qu'il était un membre prometteur du Parti des Travailleurs Norvégiens, Stoltenberg était en contact avec un officier du KGB. Les services secrets soviétiques lui donnèrent le nom de code "Stelkov" et lui ouvrir un dossier. Depuis 1990, Stoltenberg était un membre du comité parlementaire de la défense et avait accès au informations militaires sensibles" rapporte le journal.

jeudi 16 octobre 2014

L'interventionnisme russe dans les anciennes républiques soviétiques : l'Ukraine.

Cette étude publiée en janvier 1994 décrit en détail les relations de la Russie avec les anciennes républiques soviétiques entre 1991 et 1993. J'ai traduit en français la partie consacrée à l'Ukraine, qui permet de donner un éclairage sur la situation actuelle. On voit que c'est à cette époque que la Russie de Yeltsine a pour la première fois l'idée d'invoquer la nécessité de défendre les "russophones" pour justifier son interventionnisme dans son "étranger proche", terme forgé lui-aussi à cette période. Pour parvenir à leurs fins, les Russes utilisèrent déjà une campagne de désinformation calomnieuse pour discréditer l'Ukraine aux yeux du mondeC'est le peu d'intérêt des Occidentaux pour le sort de cette nation, ainsi que leur naïveté, en particulier celle des Américains, face aux manipulations de la Russie qui sont en grande partie responsables ce qui se produira 20 ans plus tard.

Les corrections et les précisions seront les bienvenues. (Vous trouverez toutes les sources dans le document original)

Depuis l'émergence de l'Ukraine en tant que puissance nucléaire indépendante et qu'acteur majeur potentiel de la politique européenne en 1991, les relations entre l'Ukraine et la Russie sont devenues les plus imprévisibles de l'espace post-soviétique. La Russie est déterminée à saper la viabilité et le statut international de ce nouvel état et de conserver l'Ukraine dans la Communauté des États Indépendants (CEI) en tant que satellite de Moscou. L'Ukraine manifeste une détermination équivalente à résister aux tentatives de Moscou et à assurer son indépendance. Les manœuvres et les contre-manoeuvres des deux états les ont poussés au bord du conflit.

La Russie a un certain nombre d'objectifs stratégiques dans la république [d'Ukraine] : empêcher l'Ukraine de devenir une puissance rivale ; garder l'Ukraine dans sa sphère d'influence et dans le bloc économique de la CEI ; empêcher l'Ukraine de créer ses propres réseaux économiques qui contourneraient ceux de la Russie ; empêcher l'Ukraine de demander sa part des biens meubles et immeubles de l'ancien URSS ; assurer le transfert total ou au moins le démantèlement des armes nucléaires ukrainiennes ; maintenir la présence stratégique sur la côte de la Mer Noire ; et maintenir le contrôle du port de Sébastopol en Crimée comme base navale pour la flotte russe de la Mer Noire.
 
Pour atteindre ces objectifs, Moscou a exercé sa pression sur Kiev sur trois front : économique, sécuritaire et territorial. En ce qui concerne les deux premiers, le schéma des pressions russes s'est compliqué du fait que la politique menée par l'Ukraine a beaucoup fait pour déstabiliser sa propre économie et compromettre sa propre sécurité. Kiev a choisi de ne pas suivre le chemin de Moscou en s'embarquant dans des réformes libre-échangistes : les prix des principales marchandises sont fixés, les salaires contrôlés, les subventions aux entreprises et la sécurité sociale n'ont pas été supprimés ; les structures de planifications étatiques sont toujours en place; et il y a eu très peu de privatisation des biens de l’État. Loin d'avoir introduit une "politique sage et équilibrée" comme l'envisageait le Président Kravchuk, et d'être "plus sage que Moscou", le gouvernement ukrainien semble avoir choisi le chemin de la faillite économique. 

vendredi 10 octobre 2014

Indifférence face au sort des Catholiques d'Ukraine.

On s'indigne, dans les milieux catho-nationalistes, et à juste raison, du sort des Chrétiens de Syrie et d'Irak, victimes des groupes terroristes islamiques. On arbore un ن sur son profil facebook ou twitter en signe de solidarité. Peu importe que les exactions des jihadistes aient été exagérées et utilisées comme propagande au service du régime d'Assad afin de discréditer l'opposition et de le faire apparaître aux yeux des opinions occidentales comme la seule alternative. Le Patriarche des Chaldéens de Bagdad Monseigneur Sako, s'il reconnaît les enlèvements, les expropriations et l'obligation du paiement de l'impôt en tant que dhimmis, dément en revanche toutes les rumeurs de décapitations et de crucifixions sur les Chrétiens, d'ailleurs fondées sur des témoignages d'origine douteuse : 
« Il n’y a rien eu de ce genre. Aucune décapitation. À Mossoul, de l’argent a été volé, mais les chrétiens n’ont pas été attaqués physiquement. Il y a eu un exode de masse et beaucoup de panique dans la plaine de Ninive. Les personnes ont été littéralement chassées de leurs propres villages. Il n’y a eu qu’un mort, un homme qui a tenté de traverser un check point dans un moment de tension. »
L'Oeuvre d'Orient et l'Aide à l'Eglise en Détresse n'ont pu confirmer que des Chrétiens aient été victimes de ce type d'exactions, seuls les Musulmans non-sunnites ont été visés. Assad en revanche ne se gêne pas ni pour persécuter les Chrétiens qui s'opposent à lui ni pour bombarder monastères et villages chrétiens pour en faire porter la responsabilité aux djihadistes, ni pour se livrer à des manigances encore plus vicieuses comme celle du village de Maaloula ou de la tristement célèbre "Katiba des Tchétchènes" dont les ficelles étaient probablement tirées de beaucoup plus loin, mais c'est une autre histoire.

On se préoccupe nettement moins du sort des Catholiques d'Ukraine, qui subissent pourtant des vexations depuis le début de la conquête de la "Novorossia" qui s'accomplit sur fond de guerre de religion.

vendredi 3 octobre 2014

Grande gueule, petite b...

Un jour, un officiel russe entra dans le bureau de papa pour se plaindre du récent refus américain d’extrader des russes blancs vers les camps soviétiques. Il criait sur mon père « d’une façon brutale et autoritaire, caractéristique du style soviétique ». Quand papa perdit patience et le menaça de le faire emmener par la sécurité, l’attitude de l’homme passa immédiatement à la conciliation enjôleuse. Cet événement l’a beaucoup marqué. « Toutes mes expériences ultérieures m’ont convaincu qu’il n’est possible de traiter avec les communistes et les nazis de ce monde – et tous les hommes brutaux – que par la force. Leur philosophie basique de l’humain, si on peut parler d’humain, est celle d’une brute : mépriser et abuser les faibles, s’en remettre à la force. »

Source.

mardi 30 septembre 2014

Il est mort, il est mort le dollar ! (air connu)

Pas un jour sans que des "intellectuels" de la "mouvance" n'annonce la mort imminente du dollar. Cette "mise à mort du dollar" serait l'objectif ultime d'une politique conjointe de la Russie (toujours elle ...) et de la Chine, visant à provoquer "l'effondrement du système occidental". L'auteur de l'article se garde bien de décrire la situation économique qui découlerait d'un tel cataclysme et l'intérêt que pourrait y trouver les Chinois dont la prospérité dépend en grande partie (45%) du commerce qu'ils entretiennent avec l'UE et l'ALENA ? 

Ce fameux accord gazier signé en mai et que l'on veut nous faire passer pour une "accélération de la politique de dédollarisation", est plutôt une concession faite à la Chine par un Poutine en position de faiblesse et à la recherche de financements. Ce gaz est vendu à vil prix et sa vente suffira à peine à amortir les dépenses liées à la constructions des infrastructures nécessaires à son exploitation et à son acheminement. La Russie n'a d'ailleurs pas encore réuni les 80 milliards de dollars nécessaires à la construction de l'intégralité de ces infrastructures, la Chine n'ayant avancé "que" les 25 milliards indispensables pour que puisse débuter la construction. Il se pourrait même que Gazprom soit dans l'obligation d'augmenter le prix du gaz en Russie pour financer ce projet. L'aide des Chinois sera limitée par leur soucis de conserver un équilibre entre la Russie et les USA, un banquier chinois confiait même à Reuters qu'ils "avaient reçu des consignes de la direction leur demandant de suivre scrupuleusement les lois internationales. Les principes de bases sont que nous ne devons pas traiter avec des entités qui sont sous le coup des sanctions. Nous ne voulons pas donner aux USA des raisons de nous chercher des noises".

On assiste plutôt à une mise en coupe réglée de la Russie par la Chine, certains parlent même de "relations économiques de type néocolonial", Poutine s'imagine qu'en ouvrant un autre marché à l'est il sera moins sensible à d'éventuelles nouvelles sanctions occidentales et qu'ainsi il augmentera sa mainmise sur l'Europe, mais les Chinois ont signés d'important accords gaziers avec les pays d'Asie Centrale incluant la construction de nouveaux gazoducs joignant directement la Chine en contournant la RUssie. De plus, les pays baltes et la Pologne ont hâté leurs projets de diversification d'approvisionnement en gaz en réaction à la guerre que mène la Russie en Ukraine. Les Iraniens plus soucieux de réchauffer leurs relations avec l'Occident que de participer à une coalition "anti-occidentale" voulue par les Russes, sont  prêts à proposer une alternative aux hydrocarbures russes. Le Ministre de l’énergie iranien proposait en août dernier le gaz iranien comme alternative au gaz russe, l'UE semble considérer cette alternative de plus en plus sérieusement. On remarquera que c'est ironiquement l'action de Poutine en Ukraine et en Syrie par le biais de son allié Assad qui a pressé le rapprochement Iran-Occident...

mercredi 24 septembre 2014

La dissert' de Poutine

Les récents déboires de Cambadélis, accusé d'avoir usurpé ses diplômes, rappellent que, de Kennedy, dont la thèse de doctorat obtenue à Harvard fut écrite par un nègre (voir NRH n°59 p 60), à Nicolas Sarkozy, dont on ne sait toujours pas de quels diplômes il est réellement titulaire, de nombreuses personnalités politiques ont un parcours universitaire pour le moins tortueux. La même aura de mystère entoure la thèse d'économie que V Poutine obtint en 1996.

A cette époque, alors qu'il était encore l'adjoint du maire de Saint Pétersbourg, Anatoly Sobtchak, Poutine écrivit et soutint une thèse d'économie à l'Institut des Mines de Saint-Pétersbourg sous la direction de Vladimir Litvinenko. Bien qu'il ait reconnu publiquement à plusieurs reprises être titulaire d'un diplôme d'économie, il n'a jamais fait directement référence à son propre travail, pas davantage dans sa biographie parue en 2000, Première Personne. Il a toujours préféré éluder les questions portant sur ce sujet. De plus, tous les travaux, qu'ils soient russes ou occidentaux, traitant de V Poutine, soit ignorent complètement cette dissertation, soit négligent son importance, soit considèrent que l'article écrit par Poutine en 1999 sur les ressources minérales en est un résumé.

En 2006, deux chercheurs du Brookings Institute, Clifford Gaddy et Igor Danchenko décidèrent de se pencher sur la question. Leur première initiative fut bien sûr de se procurer la fameuse thèse. Mais ce document était-il accessible ? Le journaliste David Hoffman écrivit dans le Washington Post en 2000 que l'Institut des Mines avait refusé de lui montrer la thèse de Poutine. En 2004, le journaliste du Spiegel, Fritjof Meier prétendait qu'elle n'était pas accessible au "commun des mortels". Au contraire, le directeur de la Bibliothèque Nationale russe, Victor Fyodorov, assurait en 2003 que "la dissertation [était] accessible dans [leur] base de données". Dans une interview donnée en 2005, Litvinenko certifiait quant à lui que la thèse était "accessible à tous".

Suivant l'avis du Directeur de la Bibliothèque Nationale, Gaddy et Danchenko se rendirent à Moscou et purent en effet consulter une copie d'un document de 218 pages présenté comme étant la thèse de Poutine.

samedi 20 septembre 2014

Moi y en a vouloir des sous.

L'article qui suit est un résumé des relations que la Chine et la Russie ont entretenues ces 20 dernières années dans le domaine énergétique. Tous les commentaires, les compléments d'information et les corrections seront les bienvenus.

Le 16 juillet les USA annonçaient la mise en place d'une nouvelle série de sanctions contre la Russie. Elles sont spécifiquement dirigés contre deux institutions financières Gazprombank OAO et VEB, chargées de financer les compagnies pétrolières russes, et contre Gazprom et Novatek les deux plus grosses compagnies gazières de Russie. Elles ne pourront désormais plus bénéficier d'aucun financement américain.

Tout cela peut sembler dérisoire, mais ces sanctions touchent un point faible de l'économie russe : l'incapacité à financer par elle-même sont industrie pétro-gazière, qui fournit pourtant les 3/4 des revenus de la Russie. Depuis des années la Russie dépend donc de fonds étrangers pour construire les infrastructures permettant l'extraction et l'acheminement des hydrocarbures. La Chine est un des principaux bailleurs de fonds de la Russie dans le domaine de l'énergie, principalement par le biais de la Banque Chinoise de Développement qui prête de l'argent contre un remboursement en nature sous la forme de livraisons de gaz ou de pétrole.

La Banque Chinoise de Développement :

La CDB fut fondée en 1944 dans le but de soutenir les objectifs politiques du gouvernement, tout en soulageant les autres institutions bancaires chinoises. La CDB tient un rôle central dans la stratégie de développement économique de la Chine, elle propose une source de financement à grande échelle et sur le long terme pour la construction d'infrastructures et de projets industriels, dans le but de briser le goulot d'étranglement stratégique causé par la demande en énergie, en ressources naturelles et en moyens de transport créée par la croissance rapide de la Chine. La CDB est un lien entre les ambitions stratégiques du gouvernement chinois et les intérêts commerciaux des entreprises chinoises, parce que les financements qu'elle propose pour soutenir les accords transfrontaliers, lient la politique de l'état aux activités commerciales. La banque fournit des fonds aussi bien aux entreprises chinoises qu'aux producteurs d'énergies (compagnies pétrolières, ...) et aux états riches en ressources naturelles.

mercredi 17 septembre 2014

Le détecteur.

Très bonne métaphore des vertus révélatrices de la crise ukrainienne sur la vrai nature de certains membres de la pseudo-dissidence.


lundi 8 septembre 2014

Un paysan vendéen.

"M. du Theil, chargé des affaires de M. le comte d'Artois à Londres, s'était hâté de chercher Fontanes : celui-ci me pria de le conduire chez l'agent des Princes. Nous le trouvâmes environné de tous ces défenseurs du trône et de l'autel qui battaient les pavés de Picadilly d'une foule d'espions et de chevaliers d'industrie échappés de Paris sous divers noms et divers déguisements, et d'une nuée d'aventuriers belges, allemands, irlandais vendeurs de contre-révolution. Dans un coin de cette foule était un homme de trente à trente-deux ans qu'on ne regardait point, et qui ne faisait lui-même attention qu'à une gravure de la mort du général Wolf. Frappé de son air, je m'enquis de sa personne : un de mes voisins me répondit : " Ce n'est rien ; c'est un paysan vendéen, porteur d'une lettre de ses chefs. "

Cet homme, qui n'était rien, avait vu mourir Cathelineau, premier général de la Vendée et paysan comme lui ; Bonchamp, en qui revivait Bayard ; Lescure, armé d'un cilice non à l'épreuve de la balle ; d'Elbée, fusillé dans un fauteuil, ses blessures ne lui permettant pas d'embrasser la mort debout ; La Rochejaquelein, dont les patriotes ordonnèrent de vérifier le cadavre, afin de rassurer la Convention au milieu de ses victoires. Cet homme, qui n'était rien, avait assisté à deux cents prises et reprises de villes, villages et redoutes, à sept cents actions particulières et à dix-sept batailles rangées ; il avait combattu trois cent mille hommes de troupes réglées, six à sept cent mille réquisitionnaires et gardes nationaux ; il avait aidé à enlever cinq cents pièces de canon et cent cinquante mille fusils ; il avait traversé les colonnes infernales, compagnies d'incendiaires commandées par des Conventionnels ; il s'était trouvé au milieu de l'océan de feu, qui, à trois reprises, roula ses vagues sur les bois de la Vendée ; enfin, il avait vu périr trois cent mille Hercules de charrue, compagnons de ses travaux, et se changer en un désert de cendres cent lieues carrées d'un pays fertile.

dimanche 7 septembre 2014

Qui est Georges Haswani : le lien entre Assad et l'Etat Islamique.

Pendant longtemps, on a communément admis que l'avènement de l'état islamique (EI) était dû au soutien financier provenant de donneurs [issus des monarchies] du Golfe. Toutefois, on a établi au cours de l'année écoulée que l'EI obtenait des revenus bien plus substantiels par d'autres canaux, et en particulier grâce à la vente du pétrole provenant des champs dont il s'est emparé dans l'est de la Syrie. Le comble est que l'EI vend ce pétrole au régime d'Assad. Cet échange financier n'est qu'un aspect de la collaboration tacite et opportuniste entre Bachar El-Assad et l'EI. 

Un reportage sur le site d'information libanais IMLebanon.org a ajouté plus d'information sur le sujet, en écornant davantage le discours habituel sur les liens entre Assad et l'EI. Les auteurs de l'article prétendent avoir identifié l'intermédiaire entre le régime et les terroristes. Selon eux, cet intermédiaire est Georges Haswani, un homme d'affaire grec orthodoxe, originaire de la ville de Yabrouk proche de la frontière entre la Syrie et le Liban. Selon l'article, Haswani "aurait été capable de créer une entente avec le groupe [terroriste] qui a abouti à un accord sur le transport du brut depuis les gisements appartenant au régime et dont il s'est emparé", Haswani supervise lui même le paiement en argent liquide et par virement bancaire.

Le nom d'Haswani est apparu fin 2013 début 2014, lorsqu'il a joué le rôle de médiateur dans la libération des religieuses détenues par le Jabhat al-Nusra à Yabroud. On décrivait alors Haswani comme ayant des "liens étroits avec le régime d'Assad" et des "liens personnels très forts" avec Assad lui-même.

samedi 6 septembre 2014

Assaut du pont de Vrbanja.

Le 27 mai 1995 en Bosnie-Herzégovine, le 3e régiment d’infanterie de marine reçoit l’ordre de reprendre le poste du pont de Vrbanja et de délivrer, par la force, les Casques bleus qui y sont retenus en otages par des Serbes.


dimanche 31 août 2014

Quel est le but du jeu pour Poutine : l'expension ou l'auto-destruction ?

Lu ici :

"Vous pensez que je ne suis pas assez déterminé pour envahir [l'Ukraine] ? Vous croyez que ce que pense l'Occident m'importe ? Et bien vous avez de bonnes raisons d'avoir peur, très peur." C'est en substance le message qu'a envoyé le Président Vladimir Poutine au Président ukrainien Petro Porochenko en faisant effrontément avancer ses troupes sur le sol ukrainien.

Depuis les derniers mois une incroyable armée ukrainienne a créé la surprise en repoussant les forces soutenues par Poutine dans l'est du pays. Le but de cette guerre qui ne disait pas son nom, était de traîner en longueur et de déstabiliser Kiev jusqu'à ce qu'elle supplie pour obtenir la paix selon les conditions de Poutine. Avec l'échec de ce plan, Poutine a surenchéri en envoyant ses troupes, mettant ainsi Kiev au pied du mur. Jusque là, tout est parfaitement conforme à sa logique de voyou. Mais la question que se sont posé les observateurs est quel est l'objectif de Poutine ?

L'explication la plus rationnelle - une de celles données par le Kremlin - est que la destinée impériale de la Russie l'oblige à être en conflit avec l'Union Européenne et les USA. La question est de savoir jusqu'où s'étendra la nouvelle zone d'influence du Kremlin.

vendredi 22 août 2014

La Russie mène une guerre de l'information en Lituanie.

Traduction/résumé d'un article sur les méthodes de désinformation utilisées par les Russes contre les pays baltes en particulier et dans le monde en général.


[...]La Lituanie est l'un des nombreux pays où la Russie mène une guerre dans le but de conquérir les cœurs et les esprits : une guerre de l'information. C'est une guerre qui est menée à la télévision, sur internet et dans les journaux, sans aucunes pertes humaines. Le but, toutefois, est le même que celui d'une guerre classique : prendre le contrôle des processus politiques de l'état ennemi. Pour obtenir ce résultat, aucune présence militaire n'est requise. Dans des circonstances favorables, la guerre psychologique associée à des pressions politiques peut suffire à prendre le contrôle des principaux processus politiques d'un autre pays.

Cet article cherche à expliquer les caractéristiques de la guerre psychologique : ses buts, ses moyens et ses conséquences. La Lituanie doit d'une manière ou d'une autre trouver un moyen de combattre les tentatives explicites de la Russie d'utiliser le soft-power pour influencer le peuple lituanien. Dans un premier temps l'article expose les attaques de la Russie contre la Lituanie en 2013 dans le cadre de la guerre de l'information, ainsi que les mesures prises par cette dernière pour les contrer et les conséquences de cette confrontation.

Ce type de guerre ne se borne pas à la simple propagande. Les acteurs du monde des affaires, du développement démographique et du monde de la culture sont aussi importants pour comprendre entièrement ce type de conflit. La désinformation est le concept central de la guerre de l'information, c'est elle qui est utilisée pour duper le groupe cible. Alors que la propagande est utilisé pour influencer les émotions du groupe cible, la désinformation sert à influencer la rationalité de la prise de décision du groupe cible. En soutenant des conclusions erronées, en partie fondées sur de purs mensonges, l'assaillant tente de promouvoir sa propre vision du monde.

mardi 19 août 2014

L'art de l'improvisation.

La crise ukrainienne est-elle la concrétisation d'un projet de longue date visant à reconstituer et même accroître la sphère d'influence de la Russie ou bien une simple improvisation face à un impondérable (Maïdan) ? Le texte suivant, produit par l'Institut Finlandais des Affaires Internationales, tente de montrer que les ces hypothèses ne sont pas forcément incompatibles.

Comprendre les actions de la Russie en Ukraine : l'art de l'improvisation.

Pour comprendre la Russie dans la crise actuelle il est nécessaire d'associer trois grilles de lecture : une qui voit l'action de la Russie comme défensive, une autre qui la voit comme fondée sur la géopolitique et la volonté de puissance et une troisième qui la considère comme étant un processus ouvert et peu prédictif.
 
Sommes-nous actuellement témoins d'une discontinuité dans la politique étrangère et sécuritaire de la Russie ? Ou bien aurions-nous pu prévoir la crise en Ukraine en prolongeant la trajectoire suivie par les réponses apportées précédemment par Poutine aux menaces extérieures et intérieures ? C'est à cette question-clef que les analystes spécialistes de la Russie s'évertuent à trouver une réponse, au moment où ils essayent de trouver une cohérence aux actions de la Russie. Dans ce but, on divisera la discussion en trois grilles de lecture, interconnectées mais distinctes.

jeudi 14 août 2014

"Touchez pas au grisbi"

Une fuite considérable des capitaux  touche la Russie depuis le début de la crise ukrainienne. Mario Draghi avance le chiffre de 200 milliards de dollars.

Selon un banquier occidental parlant sous couvert d'anonymat cette " fuite des capitaux va s'accélérer, l'argent russe va s'en aller en Occident, en Europe de l'ouest bien entendu dans les principaux centres : Londres, l'Autriche et la Suisse".

Mais si l'argent quitte la Russie, le flux inverse s'est quant à lui tari. Toujours selon le même banquier : "si quelqu'un aujourd'hui disait qu'il a l'intention d'investir 1 milliard de dollars en Russie, tout le monde lui rirait au nez". Il se pourrait aussi qu'une "micro-fuite" s'organise en Russie-même. 

Un certain nombre de Russes ont confié à Reuters qu'ils cherchaient à changer leurs roubles contre des euros ou des dollars, ou à envoyer leur argent à l'étranger de peur qu'un contrôle puisse être imposé si la fuite s'accélérait de manière excessive.

mardi 12 août 2014

Dissonance cognitive.

 - Mais Guide Suprême, pourquoi laissez-vous les Atlanto-sionistes bombarder à deux pas de vos frontières ? 

Guide Suprême : - ....

- Pourquoi approuvez-vous la nomination d'Abadi ? C'est un fantoche des sionistes : il a vécu en Angleterre, il est soutenu par les Américains !!!

Guide Suprême : - ....

- Vous désavouez de manière cinglante Maliki que vous souteniez depuis 8 ans ! Pourquoi Guide Suprême, pourquoi  ???

Guide Suprême : - Bah ...

- Même les milices chiites, que vous avez pourtant financées pendant des années pour chasser les Américains d'Irak, sont de cet avis !!!

Guide Suprême : - C'est la vie ....

- Mais alors ... la lutte contre les sionistes, contre le NWO, qu'est-ce qu'elle devient ?

Guide Suprême : - Je crois qu'on va y aller mollo maintenant...

Source.
"En psychologie, la dissonance cognitive est le stress mental ou le malaise ressenti par une personne qui est confrontée à de nouvelles informations qui entrent en conflit avec ses croyances, ses idées ou ses valeurs existantes." 

lundi 11 août 2014

Le plan de Moscou pour l'église d'Ukraine.

Après avoir renversé le cours de la destinée politique de l'Ukraine et offert au Président Yanoukovitch une aide financière et économique l'année dernière, la Russie semble maintenant se préparer pour une intervention directe dans les affaires de l'église d'Ukraine.

[...] Le Kremlin a l'intention de soumettre l'Ukraine politiquement, économiquement et culturellement. Son soutien aux séparatistes associé aux accords économiques signés à Moscou en décembre 2013, forment les deux premiers piliers de cette stratégie. En tant qu'instrument déterminant pour l'avancée des intérêts politiques russes en Ukraine, le Patriarcat de Moscou est indispensable à la construction du troisième pilier.

Le leader du Patriarcat de Kiev de l’église orthodoxe ukrainienne (EOU), le Métropolite Volodymyr (NdT : décédé le 5 juillet dernier), est Ukrainien et a réussi à maintenir un certain équilibre dans son église et lui a permis de garder une certaine indépendance vis-à-vis de Moscou. Son successeur décidera si elle continue dans cette voie ou si elle tombe dans une dépendance complète par rapport à Moscou, concrétisant ainsi le rêve du Patriarche de Moscou, Kirill, et du Kremlin.

dimanche 10 août 2014

BB King - There must be a better world somewhere.


Religion et identité en Ukraine.

Extrait de la conférence de Daniel Beauvois relayée par @Boreasrevolutio et @d_kolesnyk, concernant les questions religieuses en Ukraine.


Emission de la chaîne KTO sur la religion en Ukraine (02/12/2008): 


A l'intention de @Tarkan : voici une chaîne Youtube  UkeTubeTV qui diffuse des conférences principalement en ukrainien sur les questions religieuses en Ukraine.