dimanche 31 août 2014

Quel est le but du jeu pour Poutine : l'expension ou l'auto-destruction ?

Lu ici :

"Vous pensez que je ne suis pas assez déterminé pour envahir [l'Ukraine] ? Vous croyez que ce que pense l'Occident m'importe ? Et bien vous avez de bonnes raisons d'avoir peur, très peur." C'est en substance le message qu'a envoyé le Président Vladimir Poutine au Président ukrainien Petro Porochenko en faisant effrontément avancer ses troupes sur le sol ukrainien.

Depuis les derniers mois une incroyable armée ukrainienne a créé la surprise en repoussant les forces soutenues par Poutine dans l'est du pays. Le but de cette guerre qui ne disait pas son nom, était de traîner en longueur et de déstabiliser Kiev jusqu'à ce qu'elle supplie pour obtenir la paix selon les conditions de Poutine. Avec l'échec de ce plan, Poutine a surenchéri en envoyant ses troupes, mettant ainsi Kiev au pied du mur. Jusque là, tout est parfaitement conforme à sa logique de voyou. Mais la question que se sont posé les observateurs est quel est l'objectif de Poutine ?

L'explication la plus rationnelle - une de celles données par le Kremlin - est que la destinée impériale de la Russie l'oblige à être en conflit avec l'Union Européenne et les USA. La question est de savoir jusqu'où s'étendra la nouvelle zone d'influence du Kremlin.

vendredi 22 août 2014

La Russie mène une guerre de l'information en Lituanie.

Traduction/résumé d'un article sur les méthodes de désinformation utilisées par les Russes contre les pays baltes en particulier et dans le monde en général.


[...]La Lituanie est l'un des nombreux pays où la Russie mène une guerre dans le but de conquérir les cœurs et les esprits : une guerre de l'information. C'est une guerre qui est menée à la télévision, sur internet et dans les journaux, sans aucunes pertes humaines. Le but, toutefois, est le même que celui d'une guerre classique : prendre le contrôle des processus politiques de l'état ennemi. Pour obtenir ce résultat, aucune présence militaire n'est requise. Dans des circonstances favorables, la guerre psychologique associée à des pressions politiques peut suffire à prendre le contrôle des principaux processus politiques d'un autre pays.

Cet article cherche à expliquer les caractéristiques de la guerre psychologique : ses buts, ses moyens et ses conséquences. La Lituanie doit d'une manière ou d'une autre trouver un moyen de combattre les tentatives explicites de la Russie d'utiliser le soft-power pour influencer le peuple lituanien. Dans un premier temps l'article expose les attaques de la Russie contre la Lituanie en 2013 dans le cadre de la guerre de l'information, ainsi que les mesures prises par cette dernière pour les contrer et les conséquences de cette confrontation.

Ce type de guerre ne se borne pas à la simple propagande. Les acteurs du monde des affaires, du développement démographique et du monde de la culture sont aussi importants pour comprendre entièrement ce type de conflit. La désinformation est le concept central de la guerre de l'information, c'est elle qui est utilisée pour duper le groupe cible. Alors que la propagande est utilisé pour influencer les émotions du groupe cible, la désinformation sert à influencer la rationalité de la prise de décision du groupe cible. En soutenant des conclusions erronées, en partie fondées sur de purs mensonges, l'assaillant tente de promouvoir sa propre vision du monde.

mardi 19 août 2014

L'art de l'improvisation.

La crise ukrainienne est-elle la concrétisation d'un projet de longue date visant à reconstituer et même accroître la sphère d'influence de la Russie ou bien une simple improvisation face à un impondérable (Maïdan) ? Le texte suivant, produit par l'Institut Finlandais des Affaires Internationales, tente de montrer que les ces hypothèses ne sont pas forcément incompatibles.

Comprendre les actions de la Russie en Ukraine : l'art de l'improvisation.

Pour comprendre la Russie dans la crise actuelle il est nécessaire d'associer trois grilles de lecture : une qui voit l'action de la Russie comme défensive, une autre qui la voit comme fondée sur la géopolitique et la volonté de puissance et une troisième qui la considère comme étant un processus ouvert et peu prédictif.
 
Sommes-nous actuellement témoins d'une discontinuité dans la politique étrangère et sécuritaire de la Russie ? Ou bien aurions-nous pu prévoir la crise en Ukraine en prolongeant la trajectoire suivie par les réponses apportées précédemment par Poutine aux menaces extérieures et intérieures ? C'est à cette question-clef que les analystes spécialistes de la Russie s'évertuent à trouver une réponse, au moment où ils essayent de trouver une cohérence aux actions de la Russie. Dans ce but, on divisera la discussion en trois grilles de lecture, interconnectées mais distinctes.

jeudi 14 août 2014

"Touchez pas au grisbi"

Une fuite considérable des capitaux  touche la Russie depuis le début de la crise ukrainienne. Mario Draghi avance le chiffre de 200 milliards de dollars.

Selon un banquier occidental parlant sous couvert d'anonymat cette " fuite des capitaux va s'accélérer, l'argent russe va s'en aller en Occident, en Europe de l'ouest bien entendu dans les principaux centres : Londres, l'Autriche et la Suisse".

Mais si l'argent quitte la Russie, le flux inverse s'est quant à lui tari. Toujours selon le même banquier : "si quelqu'un aujourd'hui disait qu'il a l'intention d'investir 1 milliard de dollars en Russie, tout le monde lui rirait au nez". Il se pourrait aussi qu'une "micro-fuite" s'organise en Russie-même. 

Un certain nombre de Russes ont confié à Reuters qu'ils cherchaient à changer leurs roubles contre des euros ou des dollars, ou à envoyer leur argent à l'étranger de peur qu'un contrôle puisse être imposé si la fuite s'accélérait de manière excessive.

mardi 12 août 2014

Dissonance cognitive.

 - Mais Guide Suprême, pourquoi laissez-vous les Atlanto-sionistes bombarder à deux pas de vos frontières ? 

Guide Suprême : - ....

- Pourquoi approuvez-vous la nomination d'Abadi ? C'est un fantoche des sionistes : il a vécu en Angleterre, il est soutenu par les Américains !!!

Guide Suprême : - ....

- Vous désavouez de manière cinglante Maliki que vous souteniez depuis 8 ans ! Pourquoi Guide Suprême, pourquoi  ???

Guide Suprême : - Bah ...

- Même les milices chiites, que vous avez pourtant financées pendant des années pour chasser les Américains d'Irak, sont de cet avis !!!

Guide Suprême : - C'est la vie ....

- Mais alors ... la lutte contre les sionistes, contre le NWO, qu'est-ce qu'elle devient ?

Guide Suprême : - Je crois qu'on va y aller mollo maintenant...

Source.
"En psychologie, la dissonance cognitive est le stress mental ou le malaise ressenti par une personne qui est confrontée à de nouvelles informations qui entrent en conflit avec ses croyances, ses idées ou ses valeurs existantes." 

lundi 11 août 2014

Le plan de Moscou pour l'église d'Ukraine.

Après avoir renversé le cours de la destinée politique de l'Ukraine et offert au Président Yanoukovitch une aide financière et économique l'année dernière, la Russie semble maintenant se préparer pour une intervention directe dans les affaires de l'église d'Ukraine.

[...] Le Kremlin a l'intention de soumettre l'Ukraine politiquement, économiquement et culturellement. Son soutien aux séparatistes associé aux accords économiques signés à Moscou en décembre 2013, forment les deux premiers piliers de cette stratégie. En tant qu'instrument déterminant pour l'avancée des intérêts politiques russes en Ukraine, le Patriarcat de Moscou est indispensable à la construction du troisième pilier.

Le leader du Patriarcat de Kiev de l’église orthodoxe ukrainienne (EOU), le Métropolite Volodymyr (NdT : décédé le 5 juillet dernier), est Ukrainien et a réussi à maintenir un certain équilibre dans son église et lui a permis de garder une certaine indépendance vis-à-vis de Moscou. Son successeur décidera si elle continue dans cette voie ou si elle tombe dans une dépendance complète par rapport à Moscou, concrétisant ainsi le rêve du Patriarche de Moscou, Kirill, et du Kremlin.

dimanche 10 août 2014

BB King - There must be a better world somewhere.


Religion et identité en Ukraine.

Extrait de la conférence de Daniel Beauvois relayée par @Boreasrevolutio et @d_kolesnyk, concernant les questions religieuses en Ukraine.


Emission de la chaîne KTO sur la religion en Ukraine (02/12/2008): 


A l'intention de @Tarkan : voici une chaîne Youtube  UkeTubeTV qui diffuse des conférences principalement en ukrainien sur les questions religieuses en Ukraine.

samedi 9 août 2014

Guerre Sainte.

J'ai trouvé cet article intéressant (en anglais) sur Malofeev. S'il reprend certains des éléments de mon billet précédent, il apporte surtout des précisions sur les liens de l'église orthodoxe russe avec Poutine et son influence sur la politique russe. J'en traduis ici les derniers paragraphes :

Les justifications religieuses de l'impérialisme russe :

Le partenariat supposé entre Malofeev et le Père Tikhon dans le financement des rebelles du Donbass souligne davantage le rôle de guide que joue la pensée du christianisme orthodoxe radical pour la politique impérialiste de la Russie. Le Père Tikhon est connu pour être un intellectuel conservateur, un écrivain, le réalisateur de plusieurs documentaires ainsi que le rédacteur en chef du site internet de l’Église Orthodoxe Russe : Provoslavie.ru. Sa pensée mélange le conservatisme orthodoxe à des idéologies liées à l'héritage culturel de l'Union Soviétique et à l'irrédentisme russe. Le Père Tikhon a la réputation d'être particulièrement proche de Poutine : c'est le confesseur du Président. A titre d'exemple, dans un enregistrement récent du SBU (ndt : service de contre-espionnage ukrainien)  un ancien officiel du parti Russie Unie affirme que l'aide du père Tikhon serait utile pour défendre auprès de Poutine la réputation déclinante du chef de guerre Strelkov. Les vues "géopolitiques" de Poutine et du père Tikhon sont tout-à-fait semblables. Les deux s'accordent sur une confrontation avec l'Occident sur le modèle de la Guerre Froide. De manière remarquable, l'idée de "Monde Russe", dont l’Église Orthodoxe Russe officielle fait ouvertement la promotion, se combine à la nostalgie de la puissance dominatrice, maintenant disparue, de l'URSS. L'idéologie qui en découle, sert de justification philosophique aux guerres irrédentistes de la Russie contre ses voisins.

Finalement, la pseudo-doctrine orthodoxe précédemment mentionnée est largement employée par les insurgés soutenus par Moscou qui opèrent dans le Donbass. Le 28 juillet, par exemple, Strelkov a publié une ordonnance par laquelle il interdit aux militants d'utiliser des mots obscènes. Dans ce texte, il qualifie les rebelles d' "Armée Orthodoxe" et qualifie ses opposants d' "ennemis des chrétiens" qui, clame-t-il, "ont pris le pouvoir à Kiev et ordonnent aux Orthodoxes ukrainiens de tirer sur leurs propres églises, de se moquer des icônes et du clergé orthodoxe." Quelques jours après, un éditorial sur le site officiel des rebelles affirmait : " Nous combattons pour la Foi du Christ [...] après que l'Occident a déclenché une nouvelle campagne dans le but de détruire le monde slave et orthodoxe. C'est pourquoi l'Opolcheniye (milice) est appelée Armée Orthodoxe ..."

Rappel : Le "Printemps Russe" est l'héritier des Mladorossi de Kazem-Bek.

mercredi 6 août 2014

Cathomintern.

Une société française va continuer, en dépit des sanctions qui frappent la Russie, à développer un parc d'attraction dans la région de Moscou. Ce parc aura pour thématique l'histoire russe et, selon le promoteur français, il aura vocation à "montrer la gloire de la Russie, [...] afin de donner aux gens la fierté d'être Russe, en leur donnant une vision poétique et spectaculaire de leur propre histoire."

Ce promoteur français n'est autre que Nicolas de Villiers, fils de Philippe de Villiers, et président de l'Association du Puy du Fou en Vendée. Il a signé un accord avec le milliardaire russe Konstantin Malofeev pour un montant de 380 millions d'euros. Le groupe Puy du Fou assurera la gestion et une partie du financement du projet, au sein d'une co-entreprise :  Puy du Fou Tsargrad. Ce projet, selon Malofeev, " n'a pas d'équivalent en Russie."