mardi 30 septembre 2014

Il est mort, il est mort le dollar ! (air connu)

Pas un jour sans que des "intellectuels" de la "mouvance" n'annonce la mort imminente du dollar. Cette "mise à mort du dollar" serait l'objectif ultime d'une politique conjointe de la Russie (toujours elle ...) et de la Chine, visant à provoquer "l'effondrement du système occidental". L'auteur de l'article se garde bien de décrire la situation économique qui découlerait d'un tel cataclysme et l'intérêt que pourrait y trouver les Chinois dont la prospérité dépend en grande partie (45%) du commerce qu'ils entretiennent avec l'UE et l'ALENA ? 

Ce fameux accord gazier signé en mai et que l'on veut nous faire passer pour une "accélération de la politique de dédollarisation", est plutôt une concession faite à la Chine par un Poutine en position de faiblesse et à la recherche de financements. Ce gaz est vendu à vil prix et sa vente suffira à peine à amortir les dépenses liées à la constructions des infrastructures nécessaires à son exploitation et à son acheminement. La Russie n'a d'ailleurs pas encore réuni les 80 milliards de dollars nécessaires à la construction de l'intégralité de ces infrastructures, la Chine n'ayant avancé "que" les 25 milliards indispensables pour que puisse débuter la construction. Il se pourrait même que Gazprom soit dans l'obligation d'augmenter le prix du gaz en Russie pour financer ce projet. L'aide des Chinois sera limitée par leur soucis de conserver un équilibre entre la Russie et les USA, un banquier chinois confiait même à Reuters qu'ils "avaient reçu des consignes de la direction leur demandant de suivre scrupuleusement les lois internationales. Les principes de bases sont que nous ne devons pas traiter avec des entités qui sont sous le coup des sanctions. Nous ne voulons pas donner aux USA des raisons de nous chercher des noises".

On assiste plutôt à une mise en coupe réglée de la Russie par la Chine, certains parlent même de "relations économiques de type néocolonial", Poutine s'imagine qu'en ouvrant un autre marché à l'est il sera moins sensible à d'éventuelles nouvelles sanctions occidentales et qu'ainsi il augmentera sa mainmise sur l'Europe, mais les Chinois ont signés d'important accords gaziers avec les pays d'Asie Centrale incluant la construction de nouveaux gazoducs joignant directement la Chine en contournant la RUssie. De plus, les pays baltes et la Pologne ont hâté leurs projets de diversification d'approvisionnement en gaz en réaction à la guerre que mène la Russie en Ukraine. Les Iraniens plus soucieux de réchauffer leurs relations avec l'Occident que de participer à une coalition "anti-occidentale" voulue par les Russes, sont  prêts à proposer une alternative aux hydrocarbures russes. Le Ministre de l’énergie iranien proposait en août dernier le gaz iranien comme alternative au gaz russe, l'UE semble considérer cette alternative de plus en plus sérieusement. On remarquera que c'est ironiquement l'action de Poutine en Ukraine et en Syrie par le biais de son allié Assad qui a pressé le rapprochement Iran-Occident...

mercredi 24 septembre 2014

La dissert' de Poutine

Les récents déboires de Cambadélis, accusé d'avoir usurpé ses diplômes, rappellent que, de Kennedy, dont la thèse de doctorat obtenue à Harvard fut écrite par un nègre (voir NRH n°59 p 60), à Nicolas Sarkozy, dont on ne sait toujours pas de quels diplômes il est réellement titulaire, de nombreuses personnalités politiques ont un parcours universitaire pour le moins tortueux. La même aura de mystère entoure la thèse d'économie que V Poutine obtint en 1996.

A cette époque, alors qu'il était encore l'adjoint du maire de Saint Pétersbourg, Anatoly Sobtchak, Poutine écrivit et soutint une thèse d'économie à l'Institut des Mines de Saint-Pétersbourg sous la direction de Vladimir Litvinenko. Bien qu'il ait reconnu publiquement à plusieurs reprises être titulaire d'un diplôme d'économie, il n'a jamais fait directement référence à son propre travail, pas davantage dans sa biographie parue en 2000, Première Personne. Il a toujours préféré éluder les questions portant sur ce sujet. De plus, tous les travaux, qu'ils soient russes ou occidentaux, traitant de V Poutine, soit ignorent complètement cette dissertation, soit négligent son importance, soit considèrent que l'article écrit par Poutine en 1999 sur les ressources minérales en est un résumé.

En 2006, deux chercheurs du Brookings Institute, Clifford Gaddy et Igor Danchenko décidèrent de se pencher sur la question. Leur première initiative fut bien sûr de se procurer la fameuse thèse. Mais ce document était-il accessible ? Le journaliste David Hoffman écrivit dans le Washington Post en 2000 que l'Institut des Mines avait refusé de lui montrer la thèse de Poutine. En 2004, le journaliste du Spiegel, Fritjof Meier prétendait qu'elle n'était pas accessible au "commun des mortels". Au contraire, le directeur de la Bibliothèque Nationale russe, Victor Fyodorov, assurait en 2003 que "la dissertation [était] accessible dans [leur] base de données". Dans une interview donnée en 2005, Litvinenko certifiait quant à lui que la thèse était "accessible à tous".

Suivant l'avis du Directeur de la Bibliothèque Nationale, Gaddy et Danchenko se rendirent à Moscou et purent en effet consulter une copie d'un document de 218 pages présenté comme étant la thèse de Poutine.

samedi 20 septembre 2014

Moi y en a vouloir des sous.

L'article qui suit est un résumé des relations que la Chine et la Russie ont entretenues ces 20 dernières années dans le domaine énergétique. Tous les commentaires, les compléments d'information et les corrections seront les bienvenus.

Le 16 juillet les USA annonçaient la mise en place d'une nouvelle série de sanctions contre la Russie. Elles sont spécifiquement dirigés contre deux institutions financières Gazprombank OAO et VEB, chargées de financer les compagnies pétrolières russes, et contre Gazprom et Novatek les deux plus grosses compagnies gazières de Russie. Elles ne pourront désormais plus bénéficier d'aucun financement américain.

Tout cela peut sembler dérisoire, mais ces sanctions touchent un point faible de l'économie russe : l'incapacité à financer par elle-même sont industrie pétro-gazière, qui fournit pourtant les 3/4 des revenus de la Russie. Depuis des années la Russie dépend donc de fonds étrangers pour construire les infrastructures permettant l'extraction et l'acheminement des hydrocarbures. La Chine est un des principaux bailleurs de fonds de la Russie dans le domaine de l'énergie, principalement par le biais de la Banque Chinoise de Développement qui prête de l'argent contre un remboursement en nature sous la forme de livraisons de gaz ou de pétrole.

La Banque Chinoise de Développement :

La CDB fut fondée en 1944 dans le but de soutenir les objectifs politiques du gouvernement, tout en soulageant les autres institutions bancaires chinoises. La CDB tient un rôle central dans la stratégie de développement économique de la Chine, elle propose une source de financement à grande échelle et sur le long terme pour la construction d'infrastructures et de projets industriels, dans le but de briser le goulot d'étranglement stratégique causé par la demande en énergie, en ressources naturelles et en moyens de transport créée par la croissance rapide de la Chine. La CDB est un lien entre les ambitions stratégiques du gouvernement chinois et les intérêts commerciaux des entreprises chinoises, parce que les financements qu'elle propose pour soutenir les accords transfrontaliers, lient la politique de l'état aux activités commerciales. La banque fournit des fonds aussi bien aux entreprises chinoises qu'aux producteurs d'énergies (compagnies pétrolières, ...) et aux états riches en ressources naturelles.

mercredi 17 septembre 2014

Le détecteur.

Très bonne métaphore des vertus révélatrices de la crise ukrainienne sur la vrai nature de certains membres de la pseudo-dissidence.


lundi 8 septembre 2014

Un paysan vendéen.

"M. du Theil, chargé des affaires de M. le comte d'Artois à Londres, s'était hâté de chercher Fontanes : celui-ci me pria de le conduire chez l'agent des Princes. Nous le trouvâmes environné de tous ces défenseurs du trône et de l'autel qui battaient les pavés de Picadilly d'une foule d'espions et de chevaliers d'industrie échappés de Paris sous divers noms et divers déguisements, et d'une nuée d'aventuriers belges, allemands, irlandais vendeurs de contre-révolution. Dans un coin de cette foule était un homme de trente à trente-deux ans qu'on ne regardait point, et qui ne faisait lui-même attention qu'à une gravure de la mort du général Wolf. Frappé de son air, je m'enquis de sa personne : un de mes voisins me répondit : " Ce n'est rien ; c'est un paysan vendéen, porteur d'une lettre de ses chefs. "

Cet homme, qui n'était rien, avait vu mourir Cathelineau, premier général de la Vendée et paysan comme lui ; Bonchamp, en qui revivait Bayard ; Lescure, armé d'un cilice non à l'épreuve de la balle ; d'Elbée, fusillé dans un fauteuil, ses blessures ne lui permettant pas d'embrasser la mort debout ; La Rochejaquelein, dont les patriotes ordonnèrent de vérifier le cadavre, afin de rassurer la Convention au milieu de ses victoires. Cet homme, qui n'était rien, avait assisté à deux cents prises et reprises de villes, villages et redoutes, à sept cents actions particulières et à dix-sept batailles rangées ; il avait combattu trois cent mille hommes de troupes réglées, six à sept cent mille réquisitionnaires et gardes nationaux ; il avait aidé à enlever cinq cents pièces de canon et cent cinquante mille fusils ; il avait traversé les colonnes infernales, compagnies d'incendiaires commandées par des Conventionnels ; il s'était trouvé au milieu de l'océan de feu, qui, à trois reprises, roula ses vagues sur les bois de la Vendée ; enfin, il avait vu périr trois cent mille Hercules de charrue, compagnons de ses travaux, et se changer en un désert de cendres cent lieues carrées d'un pays fertile.

dimanche 7 septembre 2014

Qui est Georges Haswani : le lien entre Assad et l'Etat Islamique.

Pendant longtemps, on a communément admis que l'avènement de l'état islamique (EI) était dû au soutien financier provenant de donneurs [issus des monarchies] du Golfe. Toutefois, on a établi au cours de l'année écoulée que l'EI obtenait des revenus bien plus substantiels par d'autres canaux, et en particulier grâce à la vente du pétrole provenant des champs dont il s'est emparé dans l'est de la Syrie. Le comble est que l'EI vend ce pétrole au régime d'Assad. Cet échange financier n'est qu'un aspect de la collaboration tacite et opportuniste entre Bachar El-Assad et l'EI. 

Un reportage sur le site d'information libanais IMLebanon.org a ajouté plus d'information sur le sujet, en écornant davantage le discours habituel sur les liens entre Assad et l'EI. Les auteurs de l'article prétendent avoir identifié l'intermédiaire entre le régime et les terroristes. Selon eux, cet intermédiaire est Georges Haswani, un homme d'affaire grec orthodoxe, originaire de la ville de Yabrouk proche de la frontière entre la Syrie et le Liban. Selon l'article, Haswani "aurait été capable de créer une entente avec le groupe [terroriste] qui a abouti à un accord sur le transport du brut depuis les gisements appartenant au régime et dont il s'est emparé", Haswani supervise lui même le paiement en argent liquide et par virement bancaire.

Le nom d'Haswani est apparu fin 2013 début 2014, lorsqu'il a joué le rôle de médiateur dans la libération des religieuses détenues par le Jabhat al-Nusra à Yabroud. On décrivait alors Haswani comme ayant des "liens étroits avec le régime d'Assad" et des "liens personnels très forts" avec Assad lui-même.

samedi 6 septembre 2014

Assaut du pont de Vrbanja.

Le 27 mai 1995 en Bosnie-Herzégovine, le 3e régiment d’infanterie de marine reçoit l’ordre de reprendre le poste du pont de Vrbanja et de délivrer, par la force, les Casques bleus qui y sont retenus en otages par des Serbes.