mercredi 10 décembre 2014

111 milliardaires Russes possèdent 19% des richesses du pays.



Nous avons eu beau tourner le dernier rapport de répartition globale des richesses, édité par le groupe bancaire Crédit Suisse, dans tous les sens, la principale information qui ressort du document est accablante pour la Russie. Selon la banque helvétique, les 10% de la population russe les plus riches détiennent près de 85% des richesses du pays. Plus affligeant encore : 0,00008% de la population, soit 111 milliardaires, possèdent 19% des ressources du pays des tsars
 
Selon le Crédit Suisse, l’inégalité des richesses en Russie est « significativement plus forte que dans n’importe quel autre pays acteur majeur de l’économie ». En 2013, le groupe bancaire avait d’ailleurs qualifié la nation de Vladimir Poutine comme ayant « le plus haut niveau d’inégalité en terme de répartition des richesses au monde, les paradis fiscaux des caraïbes mis de côté ». En comparaison, en France, les 10% les plus riches détiennent 53,1% des richesses du pays. Si, dans l’absolu, ce chiffre peut malgré tout paraître important, il est parmi les plus faibles des 46 pays étudiés par la compagnie bancaire. Seuls la Belgique, l’Italie, l’Australie et le Japon peuvent se vanter d’une meilleure répartition des revenus. 

dimanche 7 décembre 2014

Pourquoi la Russie qualifie-t-elle de "désescalade" l'emploi de frappes nucléaires limitées ?

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie a multiplié les incursions dans les espaces aériens des pays baltes et scandinaves, ainsi qu'au Japon et aux USA. Ces démonstrations de force impliquaient des chasseurs mais aussi des bombardiers stratégiques Tu-95 et Tu-22. Le 7 décembre (date de publication de cet article) l'Armée de l'air lituanienne annonçait que 4 Tu-95 et 2 Tu-22 avaient été interceptés au-dessus de la mer baltique. Les services secrets danois ont même révélé que la Russie a simulé des bombardements sur l'île de Bornholm l'été dernier. Il s'agissait du plus important exercice militaire russe visant la région baltique depuis la fin de la Guerre Froide.

En octobre dernier, des analystes russes et polonais s'inquiétaient de la possibilité que la guerre en Ukraine dégénère et nous entraîne au bord d'un conflit nucléaire. La Russie pourrait en effet décider d'utiliser l'arme atomique en cas d'implication directe des Occidentaux dans la guerre qu'elle mène en Ukraine. Cette crainte vient de la doctrine dite de "désescalade" mise en place par la Russie au début des années 2000 et qui consiste à faire planer la menace de frappes nucléaires limitées, dans le but de dissuader les Occidentaux d'intervenir dans des zones que la Russie considère comme sa chasse gardée. Depuis une dizaine d'année la Russie procède donc à des simulations de frappes nucléaires sur les pays occidentaux, sur la Pologne par exemple lors des exercices Zapad, ou encore sur la Suède chaque fois que celle-ci participe à des exercices conjoints avec l'OTAN.

L'article qui suit nous éclaire sur la genèse de cette doctrine, sa mise en œuvre et ses conséquences sur la course aux armements. (article paru en mars 2014) 


En 1999, à une époque où la guerre semblait vouloir reprendre en Tchétchénie, Moscou regardait avec inquiétude l'OTAN mener une campagne de frappes de haute-précision en Yougoslavie. Les capacités conventionnelles des USA et de ses alliés semblaient bien supérieures aux capacités des Russes. Et parce que les problèmes sous-jacents à la guerre du Kosovo semblaient presque identiques à ceux de la guerre de Tchétchénie, Moscou se mit à s'inquiéter vivement au sujet d'un possible ingérence américaine dans ses frontières.

Dès l'année suivante, la Russie avait mis au point une nouvelle doctrine militaire dont la principale innovation était le concept de "désescalade". L'idée était que, si la Russie était confrontée à une attaque conventionnelle à grande échelle qui excédait ses capacités défensives, elle pouvait répondre par des frappes nucléaires limitées. Jusqu'à maintenant la Russie n'a jamais évoqué publiquement la possibilité d'utiliser la désescalade en réponse à un conflit particulier. Mais la doctrine russe a probablement limité les choix de l'Occident pour répondre à la guerre de Géorgie en 2008. Et elle est certainement toujours dans l'esprit des dirigeants occidentaux aujourd'hui, les incitant à la retenue alors qu'ils préparent leur réponse aux événements d'Ukraine (l'article fut publié en mars 2014).