samedi 28 février 2015

Djihad orthodoxe.


Mars 2006, le patriarche Alexis II, ancien agent du KGB (nom de code "Drozov") et récipiendaire du Certificat d'Honneur du KGB, reçoit à Moscou une délégation du Hamas menée par Khaled Meshaal son actuel leader.

Source.

"Le 5 décembre 2008, Alexis II, 15ème Patriarche de Moscou et Primat de l'Eglise Orthodoxe Russe mourait. Il avait travaillé pour le KGB sous le nom de code "Drozov" et avait été récompensé par le Certificat d'Honneur du KGB, comme l'ont révélé les archives laissées accidentellement par le KGB en Lituanie quand les Russes se sont retirés. Pour la première fois dans son histoire, la Russie avait la possibilité d'élire démocratiquement un autre patriarche, mais ce ne fut pas le cas.

mercredi 25 février 2015

Please Mr. Postman.

Frédéric Pons, journaliste à Valeurs Actuelles, a écrit une biographie de Vladimir Poutine. Il présente son ouvrage, très sobrement intitulé "Poutine", à l'Institut pour la Coopération et la Démocratie, flanqué des inévitables Laughland et Narotchinskaya, ce qui nous laisse augurer du meilleur quant à l'objectivité de ce livre.

C'est la partialité des travaux effectués sur Poutine jusqu'à maintenant, qui a poussé cet ancien militaire à mener l'enquête sur le terrain. Dans cet extrait, il nous explique comme il s'est rendu en Russie sur les traces de Vladimir Poutine, jusque dans la quasi-intimité du grand homme...



 Selon les informations que j'ai pu collecter, Poutine partagerait désormais son temps entre le Kremlin et une chambrette dans la banlieue de Moscou. Il s'y adonnerait à la peinture de saintes icônes, et rédigerait un compendium sur la Procession des Hypostases et la Dormition de la Théotokos en préparation de sa conversion au catholicisme, comme l'a révélé P de Villiers lors d'une conférence donnée dans un monastère bénédictin du centre de la France.

(pour ceux qui ont une demi heure à perdre, la vidéo originale est ici)

lundi 23 février 2015

Sur les traces de Georges Pâques, espion français du KGB pendant 20 ans.

Pendant vingt ans, Georges Pâques, haut fonctionnaire impeccable, a espionné l'Etat français pour le compte du KGB: un destin incroyable et un épisode de la guerre froide oublié que Pierre Assouline ressuscite dans un roman passionnant, "Une question d'orgueil" (Gallimard).

"Ce n'était pas du tout James Bond, il s'emmêlait les pinceaux dans la technique, ne savait pas se servir d'un Minox, un petit appareil-photo fourni par les Russes, et prenait des risques inconsidérés en sortant des documents", explique à l'AFP le journaliste et écrivain.

"Mais il a été l'espion numéro un du KGB après-guerre, le Kim Philby français, l'espion le plus important que le KGB ait jamais eu en France. Et il ne s'est pas fait prendre pendant vingt ans, ce qui est extraordinaire", relève l'auteur.

Tout est vrai dans ce septième roman de Pierre Assouline qui a choisi la forme romanesque plutôt que la biographie, plus contraignante. "Je pense que le roman permet de dire beaucoup plus de choses, de faire part de ses interrogations sur le bien-fondé de l'enquête sur ces vingt ans de double jeu".

Qu'est-ce qui pousse un homme à trahir son pays ? Qu'est-ce qui pousse un haut fonctionnaire, anticommuniste, catholique pratiquant, partisan de l'Algérie française à espionner pour Moscou ?

Ce n'était ni l'argent, ni l'idéologie. Alors quoi ? cherche à comprendre l'écrivain, obsédé depuis plus de 25 ans par cette énigme: un normalien, agrégé d'italien, doté de responsabilités à la Défense et à l'Otan, qui transmet régulièrement des documents secrets à ses officiers traitants du KGB à Paris, en pleine guerre froide.

vendredi 20 février 2015

Les interprétations du Soviet Suprême ont acquis la force de la vérité historique pour le président Poutine.

Par malheur pour la Russie, il lui est difficile de se livrer au bilan réel et salutaire de son passé communiste. A la différence de l'Allemagne nationale-socialiste, le système n'a pas été détruit par des adversaires résolus à l'éradiquer jusqu'à ses moindres germes. Il n'y a pas eu de "Nuremberg" du communisme. Staline reste auréolé par la victoire remportée avec les démocraties anglo-saxonnes sur le nazisme. Les dirigeants de l'après 1991 étaient (et sont) tous d'anciens communistes et même d'anciens du KGB qui ne sont évidemment pas tentés d'instruire le passé posthume du système dont ils sont issus. Dans la Russie d'après 1991, alors que Leningrad est redevenue Saint Pétersbourg, la momie de Vladimir Ilitch continue de reposer dans son mausolée de la Place Rouge.

La ligne officielle russe, réaffirmée par Vladimir Poutine le 9 mai 2005 à l'occasion du soixantième anniversaire de la victoire sur le IIIème Reich, a repris mot pour mot les fables de la propagande communiste : le pacte germano-soviétique était justifié et les Baltes auraient librement demandé leur rattachement à l'URSS* ! Utilisant la langue de bois stalinienne, le président russe, s'est rangé explicitement à la version soviétique : "En 1989, le Soviet suprême de l'URSS, l'organe législatif suprême de l'URSS, a donné une appréciation juridique et morale précise du pacte Molotov-Ribbentrop. Nos voisins baltes le savent bien mais continuent néanmoins à exiger une sorte de "repentance" de la Russie. J'aimerais souligner que de telles prétentions sont sans objet..." Dont acte. Les interprétations du Soviet Suprême de l'URSS, dont l'honnêteté intellectuelle et la hauteur morale sont connues, ont acquis la force de la vérité historique pour le président Poutine. Dans le même article celui-ci justifiait également les Accords de Yalta, dont "une appréciation objective n'est pas moins importante pour comprendre l'histoire et les bilans de la Seconde Guerre Mondiale".

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jeudi 19 février 2015

La part russe du bolchévisme.

A la question : "Qui de Staline ou de Lénine était le plus dur ?", Molotov, le seul dirigeant bolchévique ayant servi les deux maîtres, répondit sans hésiter : "Lénine bien-sûr !" avant d'ajouter : " C'est lui qui nous a tous formé."

C'est ici que l'on peut poser une question troublante qui peut choquer les Russes attachés au grand passé de leur patrie. Mais, en dépit du respect que l'on éprouve pour leurs sentiments, la question ne peut être éludée. La tyrannie stalinienne n'est-elle pas en partie l'héritière d'une certaine "culture" russe d'oppression dont témoignent plusieurs tsars despotiques, Ivan IV le Terrible ou Pierre le Grand, personnages géniaux mais déséquilibrés et passablement sanguinaires.

Cet héritage trouve son origine dans la période de domination mongole (1223-1480). Au-delà de cette époque, la noblesse russe ne jouira jamais des libertés et des privilèges de la noblesse féodale européenne. En Russie, le tsar est le seul possesseur de la terre et toute la population est soumise à la servitude, y compris la noblesse. Derrière les murs rouges de son Kremlin, l'autocrate est aussi isolé et méfiant que les khans mongols. En instituant l'opritchina, Ivan IV le Terrible créera un système policier et terroriste qui, toutes proportions gardées, apparaîtra comme une anticipation de la Tchéka léniniste et stalinienne. Plus tard, Pierre le Grand privera la noblesse russe de la moindre autonomie. Il faut attendre Catherine la Grande et la Charte de 1785 pour voir supprimer les châtiments corporels appliqués aux nobles et pour que leur soient accordées, en échange du service de l'Etat, des terres en pleine propriété. A partir de cette grande impératrice, la Russie présentera toujours deux visages. Un visage européen, c'est celui que décrit Joseph de Maistre durant ses années d'exil à Saint Pétersbourg, sous le règne d'Alexandre 1er. L'autre visage est marqué par la longue période mongole. C'est celui que découvrira le marquis de Custine en 1839. Venu visiter la Russie de Nicolas 1er dans les dispositions les plus favorables, il en repartira indigné, en adversaire de l'autocratie. Sa description des mœurs policières semble annoncer ce que l'on connaîtra sous le communisme, massacres en moins.

dimanche 15 février 2015

Désinformation.

Ion Mihai Pacepa est le fonctionnaire le plus haut placé des services d'espionnage de l'ancien bloc soviétique à avoir jamais fait défection. Ancien chef de la Securitate et conseiller de M Caucescu, il explique dans ce passage la nature de la désinformation et les méthodes de sa mise en œuvre.

Pendant la Guerre Froide, plus de gens, dans le bloc soviétique, travaillaient pour la machine de désinformation que pour l'armée et l'industrie de l'armement réunies. La communauté du renseignement du bloc soviétique comptait à elle seule plus d'un million d'officiers et plusieurs millions d'informateurs autour du monde. Tous contribuaient directement à cette entreprise de duperie de l'Occident (et de leur propre population) ou soutenaient cet effort. Il faut aussi ajouter à leur nombre tous ceux, et ils sont nombreux, qui travaillaient pour les organismes de désinformation que le KGB avait créé secrètement. Ces organismes se trouvaient hors d'URSS, et prétendaient être des entités internationales indépendantes, et publiaient leurs propres journaux en français ou en anglais. Certains de ces "villages Potemkine" internationaux dans lesquels j'ai été personnellement impliqué incluaient : le World Peace Council (représenté dans 112 pays) ; la World Federation of Trade Unions (90 pays) ; la Women's International Democratic Federation (129 pays) ; l'International Union of Students (152 pays) ; et la World Federation of Democratic Youth (210 pays). (NDT : ces organismes existent toujours)

C'est une tactique typiquement russe que de ne pas attaquer une menace de front, et la désinformation s'est révélée être un moyen indirect de confondre les ennemis du Kremlin. Le premier "village Potemkine" international fut fondé en 1949 et on lui donna le nom respectable de World Peace Council (WPC), afin qu'il n'ait pas l'air d'être russe. Sa tâche principale était de revendiquer la paternité de travaux concoctés par les Soviétiques et sensés prouver que les USA étaient un état sioniste fauteur de guerres, financé par l'argent juif et dirigé par un "Conseil des Sages de Sion". Le but était de générer la peur que les USA ne déclenche une nouvelle guerre afin de transformer le monde en un fief juif. 

dimanche 8 février 2015

Réorientation à l'Est. (ou pas)

"Le volume du commerce entre la Russie et la Chine a diminué de 36,4% en Janvier 2015 et passe à 33,2 milliards de yuans / $ 5,3 milliards /. Cela a été annoncé aujourd'hui par l'Administration Générale des Douanes (STU) chinoise.

Selon le ministère, les exportations de la Chine vers la Russie ont diminué sur la même période de 42,1% soit 17,3 milliards de yuans (2,8 milliards de dollars), les importations de marchandises russes diminuent elles - de 28,7% à 15,9 milliards de yuans (2, $ 5,000,000,000).

Le volume total du commerce extérieur en Chine a également diminué en Janvier de 10,8% à 2,09 trillions de yuans (334,6 milliards de dollars), y compris à l'export - de 3,2% à 1,23 milliards de yuans (196,9 milliards dollars), les importations diminuent de 19,7% à 860 milliards de yuans (137,7 milliards de dollars)."

Les experts russes attribuent cette diminution (plus de 42% des exportations, 42%...) aux festivités qui accompagnent le Nouvel An chinois ...



samedi 7 février 2015

Mesures actives.

Pour Oleg Kalugin les mesures actives sont "le cœur et l'âme du renseignement soviétique. Il ne s'agit pas de collecte de renseignement mais de subversion : les mesures actives servent à affaiblir l'Occident, à créer des tensions au sein des alliances entre pays occidentaux, en particulier de l'OTAN, à semer la discorde entre les alliés, à affaiblir les USA aux yeux des Européens, des Asiatiques, des Africains et des Sud-américains et ainsi préparer le terrain pour le jour où la guerre sera vraiment déclarée".

Dans son livre Spymaster, il donne quelques exemples concrets de ces mesures actives :

Notre station s'impliqua alors de manière plus intensive dans les "mesures actives", qui consistaient essentiellement à jouer de "mauvais tours" et à orchestrer des campagnes de désinformation. L'une de nos campagnes de "mesures actives" les plus agressives concerna les pays africains tout juste sortis de la colonisation, et où l'URSS et les USA rivalisaient déjà pour étendre leur influence. Notre station du KGB de New-York fit tout son possible pour créer des troubles dans le camp américain.

L'un de nos vilains tours consistait à envoyer des lettres racistes aux diplomates africains siégeant à l'ONU, ce plan avait été concocté au quartier général du KGB à Moscou et approuvé par le Comité Central du Parti. Notre équipe du KGB, après avoir enfilé des gants pour ne pas laisser d'empreintes digitales, tapa à la machines des centaines de lettres anonymes et les envoya à des douzaines de missions africaines à l'ONU. Ces lettres, supposément écrites par des suprémacistes blancs, étaient remplies de violentes diatribes racistes. Les diplomates africains publièrent ces lettres comme preuves de l'existence d'un racisme rampant aux USA, et les journalistes américains et étrangers reprirent mot pour mot des extraits de ces lettres. Les autres officiers du KGB travaillant comme correspondants aux USA, et dont je faisais partie, firent une couverture énorme de cette campagne de haine anti-noir. Je n'avais pas de scrupules à user de pareils subterfuges, je considérais qu'ils n'étaient qu'une arme supplémentaire dans la Guerre Froide.

Nos campagnes de mesures actives ne faisaient aucune distinction de race, de foi ou de couleur : nous en avions après tout le monde. Afin de montrer que les USA étaient un endroit hostile aux Juifs, nous écrivîmes des lettres anti-sémites aux leaders juifs américains. Mes coéquipiers payèrent des gens pour peindre des svastikas sur des synagogues à NewYork et à Washington. Notre station de New York recruta des gens afin qu'ils profanent plusieurs cimetières juifs. Je faisais bien sûr des reportages détaillés sur ces événements à mes auditeurs à Moscou, qui en écoutant mes émissions remerciaient sans doute le Seigneur ou le Camarade Lénine d'être nés dans un paradis socialiste et pas dans un foyer de tensions raciales tel que les USA.

jeudi 5 février 2015

"Quand on entrave l'effort de guerre d'un camp, on aide automatiquement le camp adverse."

Le Pacifisme est objectivement pro-fasciste. Cela relève du bon sens le plus élémentaire. Quand on entrave l'effort de guerre d'un camp, on aide automatiquement le camp adverse. M Savage remarque que "selon un tel raisonnement un pacifiste allemand ou japonais est objectivement "pro-britannique"". Mais bien sûr qu'il l'est ! C'est pourquoi tout activisme pacifiste est interdit dans ces pays (le châtiment y est, ou peut-y être, la décapitation), tandis que les Allemands et les Japonais font tout ce qu'ils peuvent pour encourager le pacifisme en Grande-Bretagne et aux USA. Les Allemands ont même une fausse station de radio qui déverse une propagande pacifiste qu'on peine à distinguer de celle du PPU. Ils pourraient de la même manière favoriser le pacifisme en Russie, s'ils le pouvaient, mais là ils ont affaire à des adversaires d'un autre acabit. Dans la mesure où elle a un quelconque effet, la propagande pacifiste ne peut être efficace que contre des pays où une certaine liberté d'expression est encore tolérée ; en d'autres termes elle est utile au totalitarisme.
George Orwell dans "Le Pacifisme et la Guerre".

mardi 3 février 2015

Le KGB en France.

Lorsque je pris la tête du Contre-espionnage extérieur en 1973, l'étendue de notre pénétration dans l'OTAN et dans les services de renseignements occidentaux m'apparut clairement, et elle était véritablement impressionnante. [...]

Bien que je susse avant de rejoindre le contre-espionnage que nous avions un important réseau d'agents en France, je fus toutefois surpris par le nombre de taupes haut-placées dont nous disposions dans les services d'espionnage, de contre-espionnage et dans l'armée. Durant mes années au contre-espionnage, nous pouvions nous vanter d'avoir des douzaines d'espions en France, la plupart d'entre-eux faisait partie des plus hauts responsables de leurs agences respectives. Ces agents avaient été pour la plupart de fervents communistes qui avaient approché nos services dès les années 40. Nos officiers les avaient découragés de devenir membre du Parti Communiste français et de faire quoi que ce soit qui pût trahir leur ligne idéologique. Ainsi ces taupes et leurs officiers-traitant attendirent patiemment qu'ils gravissent les échelons et atteignent des postes haut placés dans le renseignement ou l'armée. Dans les années 60-70, les services secrets et l'armée française étaient devenus de vraies passoires ; la situation était si catastrophique que les Américains durent renoncer à faire confiance aux Français.

Certaines de ces taupes françaises furent découvertes. L'une des plus célèbres fut Georges Pâques, qui travaillait à l’État-major français et au quartier général de l'OTAN à Paris (jusqu'à ce que les Français coupent les liens avec cette organisation en 1966) et qui fournissait au KGB les plans de bataille de l'OTAN en Europe de l'ouest. Mais de nombreux agents communistes français ne furent jamais découverts. La plupart avait 50-60 ans quand je devins directeur du contre-espionnage extérieur, et il ne fait aucun doute qu'ils avaient pris leur retraite quand l'URSS s'effondra en 1991.

dimanche 1 février 2015

"On a trouvé des caches d'armes de la CIA, des milliers de soldats de l'OTAN déguisés en touristes ont envahi les rues"

Oleg Kalugin, ancien général du KGB, raconte l'envers du décor de l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'URSS en 1968, afin d'y écraser le Printemps de Prague. A cette époque il dirige la station du KGB de Washington, il est officiellement l'attaché de presse de l'Ambassade d'URSS aux USA :


Tout au long des premiers mois de l'année 1968, je regardais avec espoir et stupéfaction les tentatives du Premier Ministre tchèque Alexandre Dubcek de libéraliser et de démocratiser son pays. Dubcek ne voulait pas en finir avec le Communisme, mais plutôt réformer le socialisme pour lui donner un "visage humain", en transférant au peuple tchèque le pouvoir détenu par un Parti Communiste monolithique. Khroushtchev avait essayé de libéraliser la société soviétique, mais son évincement en 1964 m'avait convaincu que notre tentative soviétique de réforme était morte, que la Nomenklatura du PC faisait tout pour maintenir son emprise sur le pouvoir. Les événements encourageants du "Printemps de Prague" éveillèrent en moi l'espoir que le processus de démocratisation s'étendrait de la Tchécoslovaquie à l'Europe de l'est et éventuellement à l'Union Soviétique elle-même. Je souhaitais secrètement que Dubcek et ses alliés réussissent leur révolution pacifique.

J'appris que le "Printemps de Prague" allait être étouffé le 20 août 1968, jour où nous reçûmes de Moscou un câble top-secret. A cette époque j'avais été promu Chef de station et je rendais compte directement à l'Ambassadeur. Peu après le début de l'invasion, je reçus un message codé qui ne devait être lu que par moi et l'ambassadeur. Le câble disait que les activités contre-révolutionnaires à Prague - soutenues par les USA et l'OTAN - avaient contraint l'URSS et les pays "frères" de l'Europe de l'Est à prendre "des mesures décisives pour défendre les acquis du socialisme en Tchécoslovaquie". En prévision de ces "mesures décisives" - c'est-à-dire d'une invasion - Moscou nous conseilla de renforcer la sécurité à l'Ambassade afin d'assurer la sécurité des citoyens soviétiques vivant aux USA et de justifier auprès du public américain cette action du Pacte de Varsovie en la présentant comme une étant indispensable à la sauvegarde de la stabilité internationale et permettant de déjouer les manigances des cercles occidentaux les plus réactionnaires.