lundi 26 décembre 2016

Oleg Kalouguine doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence.

L'ancien général du KGB Oleg Kalouguine, qui à l'époque soviétique supervisait les agents du KGB aux USA, doute que les services de renseignements russes aient mené une opération visant à soutenir un des candidats à la présidence, notamment parce qu'il aurait été très aléatoire de miser sur Donald Trump qui est quelqu'un d'imprévisible.

Trump est une victoire pour Poutine, mais c'est une victoire relative. Mais très relative, parce que Trump, à mon avis, est un homme imprévisible. Je ne ferai ici pas de pronostic sur la possibilité d'une amélioration des relations entre la Russie et les USA. D'autant plus qu'en Russie rien n'a changé et que Trump pouvait dire n'importe quoi dans ses déclarations de campagne. Lorsqu'il arrivera au pouvoir, qu'il l'aura pris en main à la Maison Blanche, je pense qu'il ménera sa propre politique, fondée sur ses propres intérêts. 

Du point de vue du professionnel, est-ce que la version d'une opération du Kremlin visant à soutenir la candidature de Donald Trump est plausable?

Jusqu'à présent je ne considère pas comme un fait la participation délibérée du gouvernement de Poutine à l'organisation de toutes ces actions avec l'utilisation de hackers sur le territoire des USA pendant la campagne électorale. Je pense qu'il faut encore attendre que des éléments apparaissent qui viennent confirmer cette version.

A l'époque soviétique, le gouvernement essayait-il dans une certaine mesure d'influencer le processus électoral aux USA, d'influencer l'issue des élections ou bien considérait-il cela comme une action trop risquée ?

Conférence du Général James Mattis.

Le Secrétaire d'Etat à la Défense du Président Trump expose la situation géopolitique mondiale et les défis que les USA auront à relever. Les solutions qu'il propose pour y faire face, donne une idée de ce que pourrait être la politique internationale de D Trump. Il y désigne l'Iran comme la source principale du terrorisme islamique et met en avant la nécessité d'apporter un soutien indéfectible à Israel et aux pays arabes du golfe (cf la proposition dans le programme de Trump de créer une sorte d'OTAN arabe)

(Notons tout de même une certaine naïveté en ce qui concerne la Russie (à 27'))


vendredi 16 décembre 2016

"Hillary will start World War III !!!"

Le Centre était moins impliqué dans la déstabilisation de l'élection présidentielle de 1980 qu'il ne l'avait été quatre ans plus tôt. Moscou n'avait le choix qu'entre l'administration Carter qui était influencée par la politique intransigeante de Brzezinski, et l'anti-soviétisme de Reagan. "Lassé de Carter et mal à l'aise vis-à-vis de Reagan" écrit Dobrynine, "je décidai de ne pas m'impliquer". Après l'élection de Reagan, Moscou regretta de ne pas s'être impliquée, convaincue que la nouvelle administration représentait "l'aile la plus conservatrice, nationaliste et belliqueuse du paysage politique américain ... soucieuse de retaurer le leadership mondial des USA après la défaite du Vietnam". Au grand désarroi de Dobrynine, le Kremlin succomba à une "interprétation paranoïaque" de la politique de Reagan, craignant -particulièrement en 1983- qu'il n'ait l'intention de lancer des frappes nucléaires surprises. C'est le résident du KGB à Washington, Stanislav A Androsov, qui révéla à Dobrynine l'existence dе l'opération RYAN. Menée conjoitement par le GRU et le KGB, elle avait pour but de détecter les préparatifs inexistants d'une attaque surprise. Mais RYAN demeura tellement secrète que la plupart des ambassadeurs soviétiques n'en apprirent jamais l'existence.

C'est probablement à cause de la priorité extrême que donnait le Centre à la nécessité de discréditer la politique de l'administration Reagan, qu'Andropov décida par le décret du 12 avril 1982 - qui fut l'une des dernières décisions de ses 15 ans passés à la tête du KGB - qu'il était du devoir de tous les agents de renseignements, quelles que soient leurs attributions, de participer aux mesures actives. Pour le Service A [service de désinformation du KGB ndt] il s'agissait désormais de faire en sorte que Reagan ne puisse pas faire un second mandat. Le 25 février 1983 le Centre donna des instructions à ses trois résidences américaines pour qu'elles commencent à planifier un ensemble de mesures actives visant à obtenir une défaite de Reagan lors des élections présidentielles de novembre 1984. Elles reçurent l'ordre d'établir des contacts avec des membres des équipes de campagne de chacun des candidats et dans les QG des deux grands partis. On demanda aux résidences d'autres pays si elles avaient des agents disponibles afin qu'ils fussent envoyés aux USA pour participer à l'opération.

mercredi 26 octobre 2016

Les dessous du Qatar bashing : une campagne orchestrée par les Emirats Arabes Unis et Israel.


Le dénigrement du Qatar s’est imposé comme un phénomène et une évidence en France, aux États-Unis et ailleurs. L’émirat est vu comme une menace et il est accusé de tous les maux. Si de nombreux reproches peuvent lui être faits à juste titre, il s’agit aussi de se demander pourquoi et qui se cache derrière cette campagne. Car ce sont bien des pays peu recommandables qui financent le Qatar bashing et instrumentalisent ainsi des leaders d’opinion plus ou moins avertis.

Vendredi 3 octobre, le vice-président américain Joe Biden prend la parole au John F. Kennedy Forum organisé à Boston par la Harvard Kennedy School. Évoquant la situation au Proche-Orient et la guerre contre l’organisation de l’État islamique (OEI), il s’en prend avec une certaine virulence à trois pays qui, selon lui, ont soutenu financièrement cette organisation malgré les mises en garde du gouvernement américain. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et la Turquie sont pointés du doigt, ce qui va déclencher une véritable crise diplomatique entre Washington et ses trois alliés. Dès le lendemain, la Maison-Blanche prend ses distances avec ce propos tandis que Biden fait savoir qu’il n’entendait nullement insulter ces pays, allant même jusqu’à téléphoner à leurs dirigeants — du moins ceux des Émirats et de la Turquie — pour présenter ses plus plates excuses.

Il est difficile de savoir si cette sortie était intentionnelle — ce qui confirmerait l’existence de fortes tensions au sein de la coalition que les États-Unis tentent de mettre en place contre l’organisation de l’État islamique — ou s’il faut l’ajouter à la longue liste des gaffes commises par le vice-président américain depuis l’élection de Barack Obama en 2008. Mais l’un des aspects les plus intéressants de cette affaire est la réaction de certains médias américains comme CNN qui se sont empressés d’inclure le Qatar dans la liste des pays incriminés alors même que le nom de cet émirat n’a pas été cité par Joe Biden. « Pourquoi le vice-président n’a-t-il pas cité le Qatar ? », s’est par ailleurs demandé le membre du Congrès et républicain Michael Mc Caul alors qu’il était interrogé par Fox News. Il faut rappeler que ce Texan membre de la Chambre des représentants fait partie des personnalités qui tirent à vue sur l’émirat, affirmant haut et fort qu’il est au centre du financement du terrorisme islamiste et des activités anti-américaines à travers le monde.

LOBBYING ET COMMUNICATION EFFICACES

Il faut dire que le Qatar bashing bat son plein depuis début 2013 aux États-Unis. Longtemps hors des radars, l’émirat incarne désormais la figure de l’allié jouant un double jeu. DuWashington Post à CNN en passant par des médias moins intéressés par l’actualité internationale, les dossiers spéciaux et autres enquêtes à charge sur le Qatar se multiplient. Comment expliquer cette tendance quand on sait que Doha, via ses organismes publics, n’a pas été avare de publicités payantes et autres sponsorings dans les médias américains ? La réponse est venue début septembre du New York Times. Selon ce quotidien, plusieurs pays mènent une intense action de lobbying contre le Qatar avec, à leur tête, les Émirats arabes unis. Ces derniers ont engagé une entreprise de relations publiques, Camstoll Group, fondée en novembre 2012 par d’anciens fonctionnaires du Trésor américain. La principale figure de cette agence est Matthew Epstein, un néoconservateur qui était en charge au milieu des années 2000 du dossier des sanctions à l’encontre de l’Iran. Pour un montant de 400 000 dollars par mois, Camstoll Group a donc entrepris de « briefer » journalistes et parlementaires à propos du rôle que jouerait le Qatar dans le financement des groupes terroristes dont le Front Al-Nosra, réputé proche d’Al-Qaida, en Syrie.
L'obsession qu'a le FN pour le Qatar devient subitement plus claire.
Pour les Émirats arabes unis, il s’agit d’isoler le Qatar sur la scène internationale en lui faisant payer son soutien, en général, au mouvement des Frères musulmans, et, en particulier, à la présidence éphémère de Mohamed Morsi en Égypte. Ce dernier est d’ailleurs accusé d’avoir livré des documents confidentiels au Qatar en échange d’un pot-de-vin d’un million de dollars. Les Émirats arabes unis reprochent aussi à Doha d’accueillir un trop grand nombre d’activistes membres de la confrérie et même d’avoir soutenu en sous-main la création d’une branche des Frères musulmans à Abou Dhabi et à Dubaï.

À cela s’ajoute une féroce compétition qui ne dit pas son nom afin de se hisser à la position de premier centre économique, financier, culturel et religieux du Golfe. Si le Qatar a obtenu l’organisation de la Coupe du monde de football de 2022, Dubaï a emporté celle de l’exposition universelle de 2020. Entre le Qatar et les Émirats arabes unis, « pays frères » si l’on en croit les déclarations officielles, le différend n’est donc pas uniquement politique. Il relève d’une question de leadership régional.

UNE STRATÉGIE PAYANTE POUR SES RIVAUX

Le recours aux services de Camstoll Group s’est avéré des plus payants dans la stratégie décidée par les Émirats arabes unis. Se basant sur les informations publiées par le New York Times, le magazine en ligne The Intercept — un titre de First Look Media, la plateforme journalistique créée et financée par le fondateur d’EBay Pierre Omidyar — a publié à ce sujet une enquête très fouillée sur l’impact du lobbying de Camstoll Group à destination des grands médias américains. Rappelant que les Émirats arabes unis ont été, en 2013, en tête de liste des dépenses de lobbying consenties par un pays étranger aux États-Unis (14 millions de dollars), The Intercept a mis en exergue la façon dont Camstoll a réussi à faire passer ses principaux messages. À savoir que le Qatar finance, directement ou indirectement, les groupes terroristes en Irak et en Syrie mais aussi en Libye.

vendredi 7 octobre 2016

Y-a-t'il eu erreur? Et quel genre d'erreur?

Publication d'un nouveau texte de l'ami Jurek. Je souscris personnellement à la troisième thèse.

A propos du Boeing abattu par un Bouk


Les déclarations russes relatives au Boeing du vol MH17 abattu au-dessus du Donbass ont beaucoup varié. La dernière explication donnée par la télévision à la population russe est que « le boeing a été abattu par un chasseur ukrainien ». D. Pieskov, porte-parole du Kremlin se contente de déclarer que le rapport du groupe international d'enquête n'a pas donné la « vérité dernière ». Mark Solonine, ingénieur en aéronautique et historien militaire russe, a écrit un long article dans son blog sur la destruction du Boeing MH17.

Tout d'abord il s'étonne que le Bouk qui a été envoyé dans le Donbass soit un seul matériel, ce n'est pas dans les habitudes militaires d'envoyer une pièce isolée, d'habitude on procède par batterie, par division, par unité structurale de l'armée. Ensuite ce Bouk était équipé de ses seuls 4 missiles sans autre approvisionnement. Enfin Solonine estime que pour les besoins en défense anti-aérienne des séparatistes contre l'aviation ukrainienne il n'y avait pas besoin d'une pièce aussi performante que le Bouk dont les missiles (peuvent atteindre des avions a plus de 18000 mètres d'altitude et à plus de 35 km de distance). La défense anti-aérienne des séparatistes pouvait être satisfaite par d'autres matériels automoteurs nettement moins performants, mais dont l'approvisionnement ne serait pas si limité. Solonine en tire la conclusion que la mission du Bouk n'était pas une mission militaire mais une mission spéciale organisée par un service spécial.

Le Bouk qui a traversé la frontière russo-ukrainienne à Lougansk dans la nuit du 16 au 17 juillet s'est rendu à Donetsk puis, sur ses propres chenilles, sans sa plate-forme de transport, dans un champ près de la bourgade de Piervomaïsky à 16 km de la frontière russo-ukrainienne. Si le Bouk devait protéger les unités séparatistes voisines de Saour-Mogila, Marinovka et Dmitrovka il aurait pu le faire à partir du territoire russe de l'autre côté de la frontière. Ce Bouk est reparti vers le territoire russe le 17 au soir après avoir lancé un missile et abattu le Boeing du vol MH17 vers 16h20. Autre bizarrerie : l'itinéraire du vol AEROFLOT SU2074 Moscou-Larnaka a été modifié plusieurs fois. Ainsi le vol Nord Sud du 14 juillet, de Moscou à Larnaka a évité le territoire ukrainien en le contournant par l'Est, le 15 juillet le vol est passé au-dessus du territoire ukrainien mais en contournant le Donbass par l'Ouest mais les 16 et 17 juillet alors que le Bouk était au Donbass, le vol passait en ligne droite en coupant le ciel du Donbass au-dessus de Lozovaya, Krasnoarmeïsk et Marioupol.

L'hypothèse du Boeing abattu par un avion ukrainien étant absolument non tenable, il reste finalement trois thèses à l'explication de la catastrophe :

mardi 13 septembre 2016

Interview de Stanislav Levchenko, ancien officier du KGB.

Vous avez dirigé des journalistes au Japon. Comment les avez-vous recruté ? Quels types de journalistes cherchiez-vous afin de mener des mesures actives ?

Tout d'abord, le recrutement est un processus très long et compliqué. Il faut de deux à quatre ans pour achever un recrutement et avoir un agent qui travaille pour vous. Pour réussir cela, il vous faut utiliser tous les outils dont dispose notre profession. Nous effectuons au préalable une vérification complète des antécédents de la cible afin de définir l'angle d'attaque pour le recrutement. Un officier du KGB se focalise généralement sur deux types de journalistes. Le premier type est le journaliste spécialisé dans un domaine et qui détient des informations sensibles et est en contact avec les individus occupant des postes clés.

Stanislav Levchenko
Quels types de spécialistes le KGB recherche-t-il ?

Ceux qui ont développé une expertise dans les divers aspects de la vie politique, économique ou dans les affaires militaires. Je me concentrais sur les spécialistes de la politique. Un tel agent peut être utile de différentes manières. Il peut écrire des articles bien-sûr, qui défendent le point de vue et les objectifs de l'URSS sur un sujet particulier. De plus il peut vous donner accès à des informations sensibles qu'il aura collectées pour vous. Enfin, parce qu'il est un spécialiste, il est susceptible de connaître et d'interagir avec d'autres membres de l'élite. Vous pouvez demander à votre agent d'influence de mener divers opérations d'influence contre ces individus. Quatre des agents dont je m'occupais au Japon étaient d'éminents journalistes. Ils avaient des contacts à haut niveau au sein du Parti Socialiste et du Parti Libéral Démocrate et parmi des officiels du gouvernement, y compris des membres du Cabinet du Japon. Le journaliste me fournissait des informations secrètes ainsi que des documents. Je leur ai aussi fait mener plusieurs opérations d'influence contre des membres du gouvernement.

Quelle était la seconde catégorie de journalistes que vous recrutiez ?

lundi 12 septembre 2016

Is China Deliberately Trying To De-Rail The Russia/Saudi Oil Deal?

China, the world’s largest oil consumer, has been increasing oil imports and feasting on the low crude oil prices. Could Russia and Saudi Arabia’s plan to stabilize crude oil prices cut into China’s oil hoarding plans?

Chinese oil imports have increased to 32.85 million tons in August, the second highest figure after the record 33.19 million tons import figures of December 2015. It’s a 7 percent increase over the same period last year, and a 6 percent increase over July. Currently, the Asian giant imports 66 percent of its crude oil requirements.

“Chinese oil majors are no longer under orders to increase domestic production, as they were doing so at a loss,” said Adam Ritchie, executive general manager for supply at Caltex Australia Ltd. “China’s change to let economics decide between imports and domestic production is a big change,” reports Bloomberg.

Russia and Saudi Arabia, the two largest suppliers, have been battling it out to increase their market share in China. While Russia has increased its market share in China from 12.6 percent last year to 13.6 percent this year, Saudi’s have seen their share dip from 15.1 percent to 14 percent during the same period.

“There’s a market-share battle going on mainly among the Middle East producers and Russia,” Olivier Jakob, managing director of Petromatrix, said by phone from Zug, Switzerland. “Rivals are making a big push into China,” reports Bloomberg.

An agreement between both the competing producer nations reduces the bargaining power of the Chinese refiners, who had started to choose the spot sales offered by Russia against the long-term contracts policy of Saudi Arabia.

Nevertheless, the Chinese can breathe easy, because like many other experts globally, even the Chinese analysts are not confident that the deal between Saudi Arabia and Russia will result in any substantive action.

"It will be very difficult to implement this agreement, as the volume for each exporter country is different. Many countries - producers of oil and gas rely on exports, so they are unlikely to agree to the terms of the agreement," a senior consultant for Sinopec Yang Qixisaid.

mardi 31 mai 2016

Soutenez les bénévoles français qui aident les soldats ukrainiens.

La FUSA - (French & Ukrainians Supporting Army),organisation d'aide aux soldats dont s'occupe l'ami Tarkan, permet de fournir aux soldats ukrainiens et aux régiments de volontaires les équipements indispensables. Ils apportent aussi leur aide aux populations civiles qui vivent à proximité de la zone de guerre. Leur prochain convoi part le 9 juin sur le front pour les ravitailler. N'hésitez pas à les soutenir !
 
Page facebook de la FUSA :
 
https://m.facebook.com/frenchukrainianssupportingarmy/ 
 
Plate-forme de vente pour financer leur action:
 
http://www.support4ukraine.com
 
 La structure d'aide aux enfants:
 
https://m.facebook.com/sfukr/ 
 
 


 

samedi 16 avril 2016

ERRARE HUMANUM EST, PERSEVERARE DIABOLICUM

Publication d'un article de l'ami Jurek.

Comment expliquer qu'à côté d'hommes remarquables comme les 3 Andrei (Andrei Zoubov, Andrei Illarionov et Andrei Piontkovsky) ou encore le courageux Sacha Sotnik, il existe en Russie actuellement tant d'hommes chargés de haine, frappés de fièvre obsidionale et d'idées de grandeur et d'Empire complètement déplacées ?

Pourquoi existe-t-il en Russie tant de personnes qui cherchent à réécrire l'histoire ? Certains n'acceptent pas avoir été conquis par la Horde d'or, ils disent ''comment est-il possible que nous ayons été conquis par les Mongols ? Il faut voir ce qu'ils sont actuellement, ce sont des éleveurs nomades, tout ce qu'il y a de plus pacifiques. C'est impossible qu'ils nous aient conquis, ce serait trop affreux, l'histoire qu'on nous a enseignée est fausse'' et ils font des élucubrations sur la Horde d'or.

Pourquoi des Russes refusent-ils que les Varègues, des envahisseurs venus de Scandinavie, aient pu organiser la Rous de Kiev et lui donner ses premiers souverains et même donner son nom à la Rous? (les Finnois et Estoniens appellent la Suède respectivement « Ruotsi » et « Rootsi ») « Ce sont les Suédois au XVIIème siècle qui nous ont fait croire cela mais c'est faux, notre nom ne peut être d'origine germanique, il est très ancien et ce ne sont pas des Scandinaves qui ont organisé notre Etat ».

L'alphabet russe ne doit pas s'appeler cyrillique, il n'est pas dérivé de l'écriture grecque, c'est l'écriture grecque qui est dérivée de l'alphabet russe que nous avons créé il y a très longtemps, d'ailleurs des fouilles archéologiques bla, bla, bla...

Il existait un peuple brillant qui a connu son apogée en Toscane, en Italie du Nord juste avant que Rome n'apparaisse. Ce peuple a laissé de nombreuses sculptures, parfois fort belles, et des inscriptions assez nombreuses dans une écriture apparentée au grec et en une langue qu'on ne sait pas traduire sauf quelques mots (cette langue n'a que peu de mots présentant des correspondances avec ceux de langues indoeuropéennes et elle a une structure de langue agglutinante, ce qui n'est pas indoeuropéen). Virgile affirme dans son Enéide que les Etrusques sont venus de Troie après la guerre du même nom. Un savant a essayé au XIXème siècle de trouver des traductions en imaginant des correspondances avec le vieux-slave ; il n'a pu avancer beaucoup mais toutefois suffisamment pour que des Russes soient persuadés que les Etrusques sont leurs ancêtres. Alexandre Douguine, le grand penseur et philosophe russe admiré par un certain nombre de Français, a dit ''Этруск Это русский'' [Etrousk Eto rouski] ''Etrusque c'est russe'' et il affirme que ce sont les Russes et les Turcs qui sont descendants des Etrusques « d'ailleurs nous avons toujours été près des Turcs et de la Horde d'or... »

lundi 28 mars 2016

Entretien du journaliste Alexandre Sotnik et de l'historien Andreï Zoubov.






Traduction légèrement abrégée réalisée par l'ami Jurek :

AS : - Aujourd'hui j'ai un interlocuteur très intéressant, le professeur Andreï Zoubov, docteur en sciences historiques. Bonjour, Andreï Borisovitch !

AZ : Bonjour, Aleksandr Vladimirovitch !

AS : Andreï Borisovitch, ces derniers temps on dit de plus en plus souvent que la Russie s'enlise dans le fascisme et on dit qu'il n'y a pas d'autre sortie du fascisme qu'une victoire militaire sur lui. Partagez-vous ce point de vue ?

AZ : Je suis en effet d'accord pour dire que des éléments de fascisme, de fascisme et non de nazisme sont apparu ces dernières années et même depuis nettement plus de deux ans en Russie avec la formation d'un État corporatiste autoritaire avec une idéologie nationaliste. C'était justement là-dessus qu'était construit l’État fasciste italien (----) (comparaison avec les nombreux États fascistes européens entre les deux guerres). Et maintenant ces tendances se manifestent de nouveau en Russie, en particulier un État corporatiste, nationaliste, autoritaire...

AS : Caudilliste.

AZ : Oui, caudilliste certainement. (---)

AS : Et l'idée d'Empire comme en Italie ?

AZ : Oui l'idée d'Empire comme en Italie mais cet Empire n'a pas très bien marché car les Italiens n'ont pas su soutenir aussi sérieusement Mussolini que les Allemands ont soutenu Hitler. Je pense que la Russie n'a pas le même potentiel militaire, industriel, humain que l'Allemagne d'alors, par ailleurs, quoique je sois assez opposé à la géopolitique, Rudolf Kjellén, un savant suédois du début du XXème siècle a dit que l'augmentation de la population ne témoigne pas forcément d'un développement dynamique positif de l’État mais qu'en revanche la diminution de la population témoigne à coup sûr d'une dégradation de l’État. Ce qui fait que nous nous trouvons dans la situation d'un État qui se dégrade ne serait-ce que pour ce symptôme mais en fait pour beaucoup d'autres. La Russie n'a jamais été aussi dépendante de ses matières premières ni à l'époque tsariste, ni à l'époque soviétique.

AS : Et encore, nous améliorons la démographie avec l'immigration d'Asie centrale.

AZ : Et même, cela ne suffit pas à améliorer la démographie. Ce qui fait que la Russie n'est dangereuse dans le monde que pour certains car elle a hérité de l'arme nucléaire de l'Union Soviétique et, comme la Corée du Nord, elle est menaçante, mais selon moi elle n'est très dangereuse que pour ses voisins, elle l'a montré avec ses actions en Ukraine en 2014 et son soutien au régime de la Syrie d'Al Assad qui est du même type.

AS : Pensez-vous que le problème de la Russie actuelle, si agressive, si imprégnée de l'idée impériale puisse être résolu pacifiquement ?

samedi 12 mars 2016

Selon les services secrets allemands, Poutine tente de déstabiliser l'Allemagne.

Lors d'une réunion secrète avec des politiciens allemands, les directeurs des deux principaux services de renseignements ont averti que Moscou essayait délibérément de créer de l'instabilité en Allemagne.

Participaient à cette réunion, qui s'est déroulée en février avec les membres du comité de contrôle du Bundestag, Hans-Georg Maaßen le directeur du service de contre-espionnage et Guido Müller directeur du BND, le service d'espionnage. 

Les deux espions ont averti que Moscou pourrait exploiter le "grand potentiel de mobilisation" de la communauté russe d'Allemagne qui compte 2 millions de membres.

Toujours selon eux, les preuves suggèrent que cette partie de la population pourrait  facilement être amenée par la Russie à manifester dans les rues allemandes.

En janvier, des milliers d'Allemands d'origine russe sont descendus dans la rue et ont manifesté devant le bâtiment de la Chancellerie Fédérale après que les médias d'état russes eurent rapporté qu'une fillette de 13 ans avait été kidnappée et violée par des migrants.

Le Ministre des Affaires Etrangères Sergeï Lavrov s'était mêlé à la dispute en accusant la police de Berlin d'étouffer l'affaire.

Les preuves réunies par les enquêteurs allemands contredisent cette version de l'histoire et révèlent que la fillette avait passé toute la période de sa "disparition" chez une amie.

Les services de renseignements observent dorénavant de près les activités des membres des associations représentant la communauté des Russophones.

Massen et Müller révèlent aussi qu'une autre stratégie utilisée par Moscou est la diffusion sur les chaînes de télévision d'état d'interviews de Russes ayant soi-disant quitté l'Allemagne parce que "ce pays n'est plus sûr" à cause de l'afflux de plus d'un million de réfugiés.

[... ]

mercredi 3 février 2016

Collaboration entre les services secrets irakiens et le KGB.

"C'est Saddam Hussein qui supervisa la restructuration de la police secrète. [...] Trois agences indépendantes furent créées qui répondaient directement au Conseil de Commandement de la Révolution (CCR) :

1- L'Amn ou Direction de la Sécurité Générale (DRS), l'ancien département de Nadhim Kzar, fut transformée et modernisée. Vers la fin de 1973, Saddam Hussein scella un un accord secret avec le directeur du KGB Youri Andropov, sur la base de certaines clauses du Traité d'Amitié Irako-soviétique signé en 1972 (négocié lui-aussi par Saddam Hussein). Cet accord, révélé à l'Ouest par des dissidents du parti Baath après les purges de 1979, prévoyait :
  • a) une réorganisation de tous les aspects de la sécurité intérieure d'après les recommandations du KGB
  • b) que le KGB fournisse de l'équipement sophistiqué de surveillance et d'interrogatoire
  • c) un entraînement pour les personnels irakiens dans les écoles du KGB et du GRU (renseignement militaire) en URSS
  • d) un échange d'informations entre les services des 2 pays
  • e) que les ambassades d'Irak s'engagent à fournir une assistance aux agents soviétiques opérant dans des pays avec lesquels l'URSS n'avaient pas de relations diplomatiques."

Republic of Fear: The Politics of Modern Iraq (1989) - Kanan Makiya (Samir al-Khalil)

Pour mémoire, les principaux dirigeants de l'Etat Islamique sont d'anciens officiers des services secrets de Saddam....


vendredi 29 janvier 2016

Manifestation devant une église gréco-catholique à Donetsk.

Près de 500 manifestants se sont réunis le 29 janvier à Donestk devant une église catholique. Ils s'opposent à l'Eglise Gréco-Catholique, qui est la branche ukrainienne de l'Eglise Catholique. Ils l'accusent d'être soutenue par la CIA, d'agir en faveur de la réunification des "républiques" avec l'Ukraine et de persécuter les Orthodoxes russes. Ils ne demandent rien de moins que l'interdiction du catholicisme, qu'ils qualifient de secte, sur le territoire de la "République Populaire de Donetsk" (RPD) .

"Arrêtez les persécutions contre les chrétiens orthodoxes !"

"Pas de secte dans la RPD" "Cessez de troubler la République"

Cette manifestation, loin d'être spontanée, était organisée par le mouvement de jeunesse "Jeune République". Elle s'inscrit dans le cadre de l'opération d'agit-prop organisée par le Kremlin depuis le début de la guerre contre l'Ukraine. Parallèlement aux persécutions ethnolinguistiques dont les habitants du Donbass seraient victimes de la part de la junte nazie mise en place par la CIA, les Orthodoxes fidèles au Patriarcat de Moscou seraient sous la menace des vaticano-fascistes de l'église grec-catholique soutenue et financée par le Vatican et la CIA. 

Les militants de "Jeune République" distribuent les panneaux aux "manifestants".

Source.

Relire : Indifférence face au sort des Catholiques d'Ukraine.

mardi 12 janvier 2016

"Qui est Monsieur Poutine ?" (3)

Troisième partie du documentaire de Valery Balayan « Qui est Monsieur Poutine ? » Elle décrit les affaires de corruption et les liens mafieux de Poutine à Saint-Pétersbourg, Monaco et en Espagne.


jeudi 7 janvier 2016

"Qui est Monsieur Poutine ?" (2)

"Traduction du documentaire de Valery Balayan « Qui est Monsieur Poutine ? » Ceci est l’histoire de l'arrivée au pouvoir de l'actuel président de Russie et celle des responsables politiques étroitement liées avec les gangs criminels de Saint-Pétersbourg.

Cette deuxième vidéo décrit les affaires de corruption à grande échelle à Saint-Pétersbourg et les relations mafieuses de Vladimir Poutine avec la mafia.


Le thème de la première vidéo, « L’argent sale de Biarritz » https://youtu.be/AKvD_5mG9DE, était le système d'échange de matériaux stratégiques contre de la nourriture pour nourrir Saint-Pétersbourg affamée. Vladimir Poutine avait mis en place celui-ci. Cependant, la nourriture européenne n'a jamais été reçue. L’argent détourné a servi à acquérir de l’immobilier à l’étranger, dont une résidence à Biarritz."