lundi 28 mars 2016

Entretien du journaliste Alexandre Sotnik et de l'historien Andreï Zoubov.






Traduction légèrement abrégée réalisée par l'ami Jurek :

AS : - Aujourd'hui j'ai un interlocuteur très intéressant, le professeur Andreï Zoubov, docteur en sciences historiques. Bonjour, Andreï Borisovitch !

AZ : Bonjour, Aleksandr Vladimirovitch !

AS : Andreï Borisovitch, ces derniers temps on dit de plus en plus souvent que la Russie s'enlise dans le fascisme et on dit qu'il n'y a pas d'autre sortie du fascisme qu'une victoire militaire sur lui. Partagez-vous ce point de vue ?

AZ : Je suis en effet d'accord pour dire que des éléments de fascisme, de fascisme et non de nazisme sont apparu ces dernières années et même depuis nettement plus de deux ans en Russie avec la formation d'un État corporatiste autoritaire avec une idéologie nationaliste. C'était justement là-dessus qu'était construit l’État fasciste italien (----) (comparaison avec les nombreux États fascistes européens entre les deux guerres). Et maintenant ces tendances se manifestent de nouveau en Russie, en particulier un État corporatiste, nationaliste, autoritaire...

AS : Caudilliste.

AZ : Oui, caudilliste certainement. (---)

AS : Et l'idée d'Empire comme en Italie ?

AZ : Oui l'idée d'Empire comme en Italie mais cet Empire n'a pas très bien marché car les Italiens n'ont pas su soutenir aussi sérieusement Mussolini que les Allemands ont soutenu Hitler. Je pense que la Russie n'a pas le même potentiel militaire, industriel, humain que l'Allemagne d'alors, par ailleurs, quoique je sois assez opposé à la géopolitique, Rudolf Kjellén, un savant suédois du début du XXème siècle a dit que l'augmentation de la population ne témoigne pas forcément d'un développement dynamique positif de l’État mais qu'en revanche la diminution de la population témoigne à coup sûr d'une dégradation de l’État. Ce qui fait que nous nous trouvons dans la situation d'un État qui se dégrade ne serait-ce que pour ce symptôme mais en fait pour beaucoup d'autres. La Russie n'a jamais été aussi dépendante de ses matières premières ni à l'époque tsariste, ni à l'époque soviétique.

AS : Et encore, nous améliorons la démographie avec l'immigration d'Asie centrale.

AZ : Et même, cela ne suffit pas à améliorer la démographie. Ce qui fait que la Russie n'est dangereuse dans le monde que pour certains car elle a hérité de l'arme nucléaire de l'Union Soviétique et, comme la Corée du Nord, elle est menaçante, mais selon moi elle n'est très dangereuse que pour ses voisins, elle l'a montré avec ses actions en Ukraine en 2014 et son soutien au régime de la Syrie d'Al Assad qui est du même type.

AS : Pensez-vous que le problème de la Russie actuelle, si agressive, si imprégnée de l'idée impériale puisse être résolu pacifiquement ?

samedi 12 mars 2016

Selon les services secrets allemands, Poutine tente de déstabiliser l'Allemagne.

Lors d'une réunion secrète avec des politiciens allemands, les directeurs des deux principaux services de renseignements ont averti que Moscou essayait délibérément de créer de l'instabilité en Allemagne.

Participaient à cette réunion, qui s'est déroulée en février avec les membres du comité de contrôle du Bundestag, Hans-Georg Maaßen le directeur du service de contre-espionnage et Guido Müller directeur du BND, le service d'espionnage. 

Les deux espions ont averti que Moscou pourrait exploiter le "grand potentiel de mobilisation" de la communauté russe d'Allemagne qui compte 2 millions de membres.

Toujours selon eux, les preuves suggèrent que cette partie de la population pourrait  facilement être amenée par la Russie à manifester dans les rues allemandes.

En janvier, des milliers d'Allemands d'origine russe sont descendus dans la rue et ont manifesté devant le bâtiment de la Chancellerie Fédérale après que les médias d'état russes eurent rapporté qu'une fillette de 13 ans avait été kidnappée et violée par des migrants.

Le Ministre des Affaires Etrangères Sergeï Lavrov s'était mêlé à la dispute en accusant la police de Berlin d'étouffer l'affaire.

Les preuves réunies par les enquêteurs allemands contredisent cette version de l'histoire et révèlent que la fillette avait passé toute la période de sa "disparition" chez une amie.

Les services de renseignements observent dorénavant de près les activités des membres des associations représentant la communauté des Russophones.

Massen et Müller révèlent aussi qu'une autre stratégie utilisée par Moscou est la diffusion sur les chaînes de télévision d'état d'interviews de Russes ayant soi-disant quitté l'Allemagne parce que "ce pays n'est plus sûr" à cause de l'afflux de plus d'un million de réfugiés.

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