mardi 13 juin 2017

Le passé coloré du chancelier A. Merkel.

(Article proposé et traduit par Jurek)

Le chancelier Angela Merkel est considéré comme le politicien le plus influent d'Europe. Elle gouverne depuis 2005 l'Allemagne, le pays de l'Union Européenne le plus puissant du point de vue économique. D'après les sondages, Merkel a des chances réelles d'être élue en septembre de cette année et de continuer à renforcer son influence en Allemagne et dans l'Union Européenne pendant encore cinq ans. Dans nos éditions précédentes nous avions déjà parlé de ces malheureuses décisions pour les pays d'Europe consistant à laisser entrer un million et demi de migrants économiques de pays d'Afrique du Nord et du Proche Orient. Merkel a déclaré plus d'une fois qu'elle voudrait éventuellement transformer l'Union Européenne en un État fédéral, ce qui en fait reviendrait à un gouvernement non démocratique à partir d'un centre fort.

Cette semaine, notre collègue, Algis Avižienis, a étudié les sources de presse liées au passé de Madame Merkel, en particulier, sa jeunesse passée dans l'ex Allemagne de l'Est communiste (RDA). Auparavant, pendant les années 86-88 notre collègue avait étudié la politique et l'économie de la RDA au département d’État du gouvernement des États Unis. Et maintenant il s’efforce personnellement de rechercher les facteurs qui, dans le passé de Madame Merkel, ont pu faire naître une conception si nuisible pour les nationalités et les peuples d'Europe.


Vitalijus Balkus : - Avez-vous pu expliquer quels sont les influences de sa jeunesse qui ont pu l'inciter à prendre une position si antinationale du point de vue de son Allemagne natale et aussi des autres peuples d'Europe ?


Algis Avižienis: - La conception du monde du Chancelier de l'Allemagne a été très fortement influencée par son père, le pasteur évangélique luthérien, Horst Kasner. En 1954, peu après la naissance de A. Merkel le pasteur a déménagé avec toute sa famille de la République Fédérale Allemande (RFA) en Allemagne de l'Est. Cette décision de transférer toute sa famille dans l'Allemagne dirigée par les communistes en a étonné plus d'un, d'autant plus qu'à cette époque des millions d'Allemands déménageaient dans l'autre sens - de l'Est vers l'Ouest. H. Kasner était un socialiste engagé qui s'est efforcé toute sa vie de faire coïncider l'idéologie universaliste de Marx avec l'universalisme évangélique luthérien. Vivant en RDA, il fut surnommé le « Kasner rouge » ou le « pasteur rouge ». Rapidement il pris la direction du séminaire, il possédait deux automobiles et pouvait librement voyager à l'étranger dans les pays de l'Ouest. Dans les séminaires religieux internationaux le pasteur Kasner soutenait énergiquement les positions des partis communistes de la RDA et de l'Union Soviétique dans les questions relatives aux rapports entre l’État et la religion. Au bout de quelques temps le pasteur Kasner fut très influent au sein de la couche dirigeante de l'église protestante de RDA et luttait énergiquement contre les dirigeants conservateurs qui voulaient unifier l’Église Évangélique Luthérienne de RDA avec les frères de l'Allemagne de l'Ouest.

Encore un fait intéressant de la biographie du père de A. Merkel est que le père de Horst Kasner (le grand-père de A.Merkel) était polonais. Le nom du grand-père de A. Merkel était Kazmierczak qui fut plus tard germanisé en Kasner quand il émigra de Pologne en Allemagne avant la deuxième guerre mondiale. Pendant la première guerre mondiale il fut fait prisonnier par les Français mais accepta de se battre contre l'Allemagne dans des forces militaires polonaises, l'armée Haller. Ainsi, dans la famille de Merkel la fidélité à l'Allemagne ne fut pas toujours une chose évidente.


VB : - Et comment se déroula la vie de A. Merkel dans l'Allemagne communiste ? Fut-elle une partisane zélée du pouvoir ou eut-elle des liens avec l'activité d'opposition ?


AA : - A.Merkel fut une élève zélée. Sa mère qui était professeur de profession l'engagea à étudier avec diligence mais dans les conditions de la RDA elle fut élevée à la maison. Les parents de la mère étaient des Allemands originaires de Gdańsk (Dantzig) actuellement en Pologne. La jeune Angela se distingua en mathématiques et en russe. Elle appris également bien l'anglais. La future chancelière fut particulièrement brillante au cours de russe et participa aux olympiades internationales de russe en Allemagne de l'Est et même en Union Soviétique. Pourtant, étant fille de pasteur, elle ne fut pas obligée de faire partie de la Jeunesse Libre d'Allemagne (l'équivalent des Komsomols) et pourtant elle devint un membre très actif de cette organisation. Elle participa à différentes actions de propagande au cours desquelles la future chancelière soutint chaudement le soulèvement communiste au Vietnam contre les forces armées des États Unis et soutint différents soulèvements révolutionnaires dans le tiers monde. Ayant passé son Bac avec de très bons résultats, Angela se décida à étudier la physique et fut admise à la prestigieuse Université Karl Marx de Leipzig.

En 1978 on lui proposa de coopérer avec la sécurité de l’État (la Stasi) mais elle affirme qu'elle rejeta cette offre. Malgré son soi-disant refus, Merkel atteignit le sommet de la science physique de RDA. Elle continua ensuite à étudier et travailler dans la prestigieuse académie des sciences de RDA (dans le département de la physique) à Berlin. Bientôt, grâce à son zèle constant, Merkel fut nommée au secteur de propagande et d'agitation de la ''Jeunesse Libre d'Allemagne'' de l'académie des sciences.

La jeune Merkel eut la possibilité de voyager largement à l'étranger. Elle fit connaissance de son premier mari, Ulrich, à Moscou où tous les deux participaient à un échange d'étudiants entre la RDA et l'Union Soviétique. Ensuite elle eut l'occasion de se perfectionner en russe pendant quelques semaines à Donetsk. Elle eut l'autorisation de faire des voyages privés en Union Soviétique. Merkel étudia également pendant un certain temps à Prague.

D'après la presse allemande et l'ouverture des documents secrets de la Stasi le bureau de Merkel à l'académie des sciences était juste à côté de celui du fils de Robert Havemann, un dissident connu de RDA. Le critique du pouvoir, R. Havemann, fut tenu, lui même, en résidence surveillée pendant de longues années. Une centaine de membres de la Stasi et de la ''Jeunesse Libre d'Allemagne'' surveillaient nuit et jour que rien ne se passe dans la maison du dissident sans l'approbation du pouvoir. Après la réunion des deux Allemagnes un journaliste trouva par hasard une photo où l'on peut voir A. Merkel entrant dans la maison du dissident contrôlé par la Stasi. Plus tard, étant déjà chancelière, elle interdit de montrer cette photo sur une chaîne nationale.

Plus tard, des documents secrets de la Stasi montrèrent que la jeune Merkel s'était rendue en Pologne en 1981 où elle eut l'occasion de prendre contact avec la jeunesse locale, on lui avait remis quelques matières sur ''Solidarité'' le mouvement d'opposition polonais, ces documents furent interceptés par les gardes-frontière de la RDA. On lui laissait traverser la frontière sans autres désagréments. Plus tard, un informateur de la Stasi qui avait fait sa connaissance rapporta que la jeune physicienne (elle avait alors 27 ans) considérait avec scepticisme le mouvement d'opposition de la jeunesse polonaise. D'après la source d'information de la Stasi elle était d'avantage soucieuse de la conservation du socialisme soviétique, elle était idéologiquement liée au socialisme soviétique. L'agent de la Stasi rapporte les paroles d'Angela après son voyage en Pologne : « Si quelque part survient un sérieux danger pour le socialisme, ce sera en Pologne. » Un autre rapport de la Stasi mentionne son appréciation après son voyage dans l'Union Soviétique de Gorbatchev vers 1987. Interrogée par ses collègues sur l'opinion des russes sur les réformes de Gorbatchev , elle répond : « Les gens dans les stations de métro disent que Staline a efficacement défendu le socialisme tandis que Gorbatchev remet l'Union Soviétique aux Occidentaux. »


VB : -Vous parlez de ces contacts avec des polonais appartenant à Solidarité. Est-ce que A.Merkel a participé d'une façon ou d'une autre à la dissidence de la RDA ou à une activité politique ? Est-ce qu'elle est devenue membre du parti communiste de RDA ?

AA : - Formellement Merkel n'est jamais entrée au parti communiste de RDA et jusqu'en 1989 elle n'a jamais manifesté d'intérêt pour une activité dissidente. Mais dans la seconde moitié de 1989 un mouvement de citoyens de la RDA de grande ampleur apparu subitement et attira visiblement l'attention de A. Merkel. Des gens de l'entourage du père dont l'avocat influent, Lothar de Maizière commencèrent à inciter la jeune docteur en physique à se joindre au mouvement nouvellement créé, ''Départ pour la Démocratie'' (Demokratischer Aufbruch). L'ami Lothar de Maizière défendait activement les affaires de l'église de RDA, il avait des liens familiaux avec son demi-frère, Thomas de Maizière qui vivait en Allemagne de l'Ouest et qui devint plus tard un collaborateur très proche de de la chancelière Merkel ainsi que ministre des affaires étrangères et ministre de la défense dans son gouvernement. Lothar de Maizière entretenait également de très bons rapports avec un autre avocat très influent de l’Église Évangélique Luthérienne, Wolfgang Schnur qui, en octobre 1989 dirigeait le mouvement ''Départ pour la Démocratie''.

L. de Maizière recommanda A. Merkel en tant que bonne collaboratrice et W. Schnur l'engagea en tant que sa représentante de presse. A. Merkel et W. Schnur se préparèrent intensivement aux premières élections libres de RDA, début 1990 et W. Schnur s'attendait à une victoire aux élections. D'après les rapports de la presse il se préparait à devenir le premier premier ministre élu démocratiquement en RDA. Malheureusement, quelques jours avant l'élection, on ne sait pas clairement qui publia des données de la Stasi compromettantes pour W. Schnur montrant qu'il avait servi pendant plus de 20 ans les services secrets de la RDA. W. Schnur dut retirer sa candidature et le mouvement qu'il dirigeait, discrédité, obtint moins de 1% des voix.

Cela aurait montré que le début de la carrière politique de A.Merkel aurait dû se terminer. Mais, par chance, ''Départ de la Démocratie'' était entré dans la puissante alliance des Chrétiens Démocrates de l'Allemagne de l'Ouest. Les Chrétiens Démocrates de l'Ouest avaient d'une façon inespérée par leurs représentants en Allemagne de l'Est obtenus plus de 40% des voix et put former le premier gouvernement démocratique élu en RDA. Le premier premier ministre, Lothar de Maizière, était une bonne relation du père de Merkel et du discrédité W. Schnur. L. de Maizière invita A. Merkel à devenir la directrice de sa représentation de presse mais, du fait de ses connaissances en langues étrangères, elle devint sa représentante de presse fondamentale.

L. de Maizière ne resta pas longtemps à son poste, et pas seulement parce que la RDA qu'il gouvernait se réunit à l'Allemagne de l'Ouest en octobre 1990. Malheureusement Lothar de Maizière, comme son collègue Schnur, fut victime de l'ouverture des dossiers secrets de la Stasi. La presse allemande commentait et continue jusqu'à nos jours de commenter les documents de la Stasi qui soulèvent de sérieuses suspicions de coopération avec la Stasi contre L. de Maizière (pseudonyme IM Czerni). Et on pourrait penser que le discrédit de son autre supérieur aurait pu nuire sérieusement à sa carrière politique. Mais L. de Maizière et d'autres membres de sa famille et collègues recommandèrent Merkel à Thomas de Maizière, le demi-frère chrétien-démocrate de Lothar vivant en Allemagne de l'Ouest.

On pensait que T. de Maizière qui avait de très bons rapports avec les dirigeants de l'Union Chrétienne Démocrate aiderait à ouvrir les portes d'une rencontre de A. Merkel avec Helmut Kohl, le chancelier de l'Allemagne de l'Ouest. Cette rencontre fut décisive car le Chancelier Kohl jugea favorablement le potentiel de A. Merkel et devint bientôt son protecteur fidèle. Kohl lui ouvrit la route à la grande politique de la RFA en la nommant ministre de la femme et de la jeunesse en 1991. Merkel était connue comme la ''demoiselle de Kohl''. Plus tard, A. Merkel trahit son protecteur, le poussant ouvertement dans la presse à se démettre et lui, à son tour souleva des accusations retentissantes contre elle. Par exemple, H. Kohl condamna la politique de Merkel à propos des réfugiés et en 2016 il rencontra démonstrativement Orban, le dirigeant de la Hongrie qui était un critique connu de la politique d'immigration de Merkel.


VB : - Il apparaît que les liens de A. Merkel avec le pouvoir de la RDA étaient très étroits, et en particulier dans son entourage il y avait beaucoup de représentants de la police secrète ou de personnes suspectées d'avoir collaboré avec la Stasi. Mais quel conclusion pouvons nous tirer de ces faits ? Nous ne pouvons quand-même plus soupçonner qu'elle continue à servir le régime de la RDA, puisqu'il n'y a plus de RDA.

AA : - Effectivement il n'y a plus ni Union Soviétique ni RDA, et avec elles a disparu le modèle de gouvernement économique socialiste. Mais alors qu'est-il resté ? Je pense que, aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest, il est resté une volonté de fer de puissantes élites d'unifier l'humanité en de grandes unions non nationales d’États et peut-être même en un seul État mondial.

Naguère, dans nos parutions nous avons parlé du marxisme culturel, de la façon dont des marxistes convaincus créent les prémices de l'apparition d'une société sans classes et d'une humanité homogène dans les conditions du capitalisme. Comprenant que, au moins provisoirement, il ne serait pas possible de conquérir le pouvoir économique direct ni le gouvernement politique, autrement dit, de prendre le pouvoir aux capitalistes, les adeptes du marxisme culturel ont accepté avec le temps la propriété privée, l'inégalité de classe, les lois du marché. Les marxistes culturels ont renoncé au but final, le régime socialiste mondial et concentrent leur attention sur les questions culturelles et spirituelles. A l'université, dans la presse, dans les organisations non gouvernementales, dans la création culturelle, les tenants de ces tendances s'efforcent d'insuffler la soi-disant bien-pensance, la tolérance. Le but est d'unifier la pensée, d'effacer l'identité nationale (qui, comme on sait, sépare les hommes) et par la même diminuer le rôle des États nationaux.

Nous savons que des buts semblables quoique non identiques sont recherchés par les grandes banques et corporations internationales et que leurs partisans – les libéraux sont des enthousiastes du marché libre. On peut dire la même chose sur les socialistes et sociaux-démocrates européens d'aujourd'hui. On peut encore ajouter les dirigeants des communautés religieuses. Nous voyons en effet comment le pape de l’Église Catholique de Rome et les dirigeants des sectes protestantes sont d'ardent partisans d'une immigration massive incontrôlée en Europe.


VB : - N'est-il pas possible que A. Merkel soit tout simplement une carriériste fanatique qui se soit déterminée à servir n'importe qui, n'importe quel régime, pourvu qu'elle ait le pouvoir politique ?

AA : - Je pense plutôt que des personnes comme A. Merkel ne s'adonnent pas complètement à un carriérisme cynique. De tels individus sont très souvent de cyniques égoïstes mais ce n'est pas toujours et pas partout que règne un tel pur carriérisme. Il me semble que A. Merkel appuie maintenant sans grande douleur interne l'ultralibéralisme de l'Allemagne de l'Union Européenne et de la politique mondialiste. Cela semble bizarre car il faut se demander pourquoi une partisane du socialisme international devrait soutenir le contraire de son idéal – le régime capitaliste. Je pense que A. Merkel, comme les marxistes culturels ont accepté l'échec du communisme en 1989-1991 et maintenant ils veulent nager dans le sens du courant avec les banques et les corporations internationales. Pour le reste, comme personne elle réussit à détruire la conscience nationale, l'autorité des États nationaux, les différences entre les peuples. Les internationalistes de tendance libérale créent l'une des prémices principales du socialisme international : une humanité unifiée, homogène, passive, assoiffée de valeurs matérielles sans esprit de sacrifice pour l'esprit de son peuple, sans esprit d'opposition. Ensuite, nos partisans du socialisme international qui ont échoué espèrent que le libéralisme sauvage créera tant de contradictions qu'il ne restera d'autre solution quede nationaliser tout le pouvoir économique. Et le rêve de Karl Marx aura ainsi pris vie – une humanité mondiale sous le soleil communiste.

A. Merkel n'est pas la seule ex-communiste de notre région qui soit passée à la démocratie libérale, au libre marché et à la défense de l'OTAN. Or dans la biographie de notre Présidente nous voyons qu'elle a tardé et ne voulait pas s'opposer et appuyer le Sąjūdis et cesser d'être fidèle aux maîtres de Moscou. Maintenant elle est une archiopposante à Moscou. Il est intéressant de remarquer que A. Merkel et D. Grybauskaitė ont reçu toutes deux la prestigieuse médaille de Charlemagne pour leur action pour l'unité de l'Europe. Nous pouvons rappeler que la première personne à recevoir cette distinction en 1951 fut Richard von Coudenhove-Kalergi qui s'était ouvertement montré en faveur du mélange racial entre les peuples d'Europe d'Afrique et d'Asie. Tout comme A. Merkel, j'évalue plusieurs patriarches du temps de notre Sąjūdis. Par leurs attributs extérieurs (un ruban aux couleurs nationales autour du cou) ils se présentent comme des défenseurs de leur peuple mais en réalité ils mènent la Lituanie vers un nouveau centre puissant, cette fois-ci à l'Ouest.



VB : - Il me reste encore une question sans réponse sur l'opinion favorable des États Occidentaux pour les acteurs politiques qui avaient autrefois collaboré avec les services spéciaux du bloc de l'Est. Ils était pourtant autrefois des ennemis mortels.


AA : - Je pense que ces représentants de l'élite mondiale occidentale qui appuient le mondialisme, et c'est la majorité, sont prêts à accepter les anciens communistes et les collaborateurs des services dans leurs milieux sans grandes hésitations. C'est pourquoi, au moins dans la presse du système en Allemagne il n'y a pas de grands efforts pour étudier le passé des liens avec la Stasi des anciens communistes. Il est clair que dans le bloc soviétique les conditions ne permettaient pas l'apparition d'une puissante opposition. C'est pourquoi trouver des hommes indépendants capables d'administrer l'appareil d’État était très difficile. Et les anciens communistes avaient cette expérience et ils ne laissaient personne d'autre acquérir les connaissances nécessaires. C'est avec eux qu'il fut possible d'organiser la collaboration internationale et de créer le système de libre marché en Europe de l'Est. 

En fait les plus pénétrants des hommes d’État du monde occidental durent soupçonner que les représentants de la nomenclature n'avaient pas l'appui des citoyens car les gens ordinaires les considéraient comme les serviteurs d'un pouvoir étranger. Il n'est pas possible de créer des sociétés se développant quand manque une élémentaire confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Néanmoins il aurait été plus intelligent de la part des élites occidentales de chercher et appuyer les acteurs politiques de l'Europe de l'Est qui cherchaient à rétablir une véritable indépendance de leur État. C'est un chemin plus difficile vers une coopération cordiale entre l'Ouest et les États qui étaient dans le bloc de l'Est. Cela donnerait plus d'espoir d'arriver à un développement économique plus sûr sans corruptions massives et grandes inégalités. C'est vrai, en Allemagne les anciens cadres furent débauchés massivement dans les secteurs les plus sensibles comme, par exemple, la justice. C'était plus facile à réaliser car à côté il y avait l'Allemagne de l'Ouest avec son gigantesque potentiel administratif. Dans d'autres pays, par exemple en Lituanie, nous voyons qu'il n'a pas été possible de trouver des hommes sans passé.


Traduction d'un article en lituanien de ekspertai.eu réalisée par Jurek.

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